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Critique

Nicola L., sous toutes les coutures

Une monographie de référence de l’artiste française, intitulée I Am the Last Woman Object, accompagne jusqu’en 2026 une exposition itinérante dans quatre institutions internationales.

Camille Viéville
28 octobre 2025
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Gina Buenfeld-Murley et Martin Clark (dir.), Nicola L. I Am the Last Woman Object, Milan, Lenz Press, 2025, 240 pages, 40 euros.

Gina Buenfeld-Murley et Martin Clark (dir.), Nicola L. I Am the Last Woman Object, Milan, Lenz Press, 2025, 240 pages, 40 euros.

L’artiste française Nicola L. (1932-2018), née Leuthe, grandit entre l’Afrique du Nord et l’Europe au gré des affectations d’un père militaire. Adulte, elle continuera longtemps d’avoir le goût des déplacements, vivant tantôt à Paris, à Bruxelles ou à Ibiza avant de s’établir à New York puis, à la toute fin de son existence, à Los Angeles. Un cosmopolitisme que reflète la monographie de référence publiée en quatre langues (français, anglais, allemand et italien) par Lenz Press, accompagnant quatre expositions (Camden Art Center, Londres, 4 octobre-29 décembre 2024 ; Frac Bretagne, Rennes, 31 janvier-18 mai 2025 ; Kunsthalle, Vienne, 27 juin- 14 septembre 2025 ; Museion Museum of Modern and Contemporary Art, Bolzano, 11 octobre 2025- 28 février 2026). L’ouvrage est en outre le premier d’importance sur Nicola L. à être édité en français. Un événement pour une artiste passionnante, dont l’œuvre reste méconnue de ce côté-ci de l’Atlantique.

Le corps en morceaux

Diplômée de l’École nationale des beaux-arts de Paris, Nicola L. délaisse la peinture sur les conseils d’un ami, l’artiste conceptuel Alberto Greco, pour se dédier à la performance, la création d’objets hybrides, l’écriture et la réalisation de films. Elle se montre sensible non seulement à la pensée surréaliste, mais aussi à certains aspects du pop art et au credo Fluxus d’un art fortement ancré dans la vie. Elle fait du corps morcelé – fonctionnel (White Foot Sofa, 1968 ; The Eye Lamp, 1969) ou fétichisé avec ironie (Little TV Woman : “I Am the Last Woman Object”, 1969) – et du corps social, notamment avec les Pénétrables (à partir de 1964), les sujets principaux de son œuvre. Bien après la fin des utopies des années 1960, la production de Nicola L. continue de se déployer, composée de reprises, de répétitions et d’enrichissements successifs, rétive à la classification et profondément politique.

L’ouvrage, très illustré, comporte trois essais comme autant d’éclairages nouveaux sur le travail de l’artiste. Géraldine Gourbe explore les sources et les connexions de Nicola L. à la scène new-yorkaise – Carolee Schneemann, Claes Oldenburg, le groupe punk hardcore Bad Brains, ou Abbie Hoffman... – et son « enthousiasme sans commune mesure pour les questions liées aux affects, aux corps, aux expériences sensibles et aux désirs jouisseurs ». Leonie Radine s’intéresse à la « résistance douce » dans l’œuvre de Nicola L. et plus particulièrement dans Red Coat (1969), imperméable collectif, à la fois protecteur et défiant, conçu à l’origine pour être porté lors du concert de Gilberto Gil et Caetano Veloso sur l’île de Wright en 1970 avant d’être per- formé dans bien d’autres contextes. Enfin, Gina Buenfeld-Murley et Martin Clark étudient la capacité de l’artiste à transgresser les limites, à « se mettre dans la peau des choses et [à] en sortir – par l’humour, l’horreur, la raison, le rituel, l’abject et l’extatique ».

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Gina Buenfeld-Murley et Martin Clark (dir.), Nicola L. I Am the Last Woman Object, Milan, Lenz Press, 2025, 240 pages, 40 euros.

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