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À Bordeaux, Pierre Molinier toujours d’actualité

Pour célébrer ses 40 ans, Le FRAC MÉCA à Bordeaux rend hommage à Pierre Molinier (1900-1976) et à son œuvre sulfureuse dans une grande exposition interdite aux moins de 18 ans.

Maud de La Forterie
7 avril 2023
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Pierre Molinier, Sans titre, 1960-1976. © Adagp, Paris, 2023. Collection FRAC Nouvelle-Aquitaine MÉCA

Pierre Molinier, Sans titre, 1960-1976. © Adagp, Paris, 2023. Collection FRAC Nouvelle-Aquitaine MÉCA

« Molinier rose saumon » : tel est le titre en manière de neutralité chromatique de l’exposition anniversaire du FRAC MÉCA qui revient sur l’œuvre de Pierre Molinier (1900-1976). Elle entend dresser les contours d’une production sulfureuse, laquelle a rendu d’autant plus complexe l’appréciation critique de la place qu’occupe l’artiste dans l’histoire de l’art. Pierre Molinier compte en effet parmi les artistes les plus radicaux : figure emblématique de l’underground bordelais, la trajectoire de celui qui fut d’abord peintre en bâtiment s’est plus précisément affirmée dès 1951. Échappant à toute tentative de qualification, le personnage fascine.

Pierre Molinier, Sans titre, 1960-1976. © Adagp, Paris, 2023. Collection FRAC Nouvelle-Aquitaine MÉCA

La rétrospective s’ouvre sur sa toile Le Grand Combat (1951), tableau ambigu ni tout à fait abstrait, ni tout à fait figuratif, représentant des corps entrelacés pris dans un tourbillon érotique. Présentée lors du 30e Salon des indépendants bordelais, l’œuvre jugée indécente se retrouve voilée et devient le motif d’une rupture fracassante avec la « bonne société » : avec elle, Molinier est né et dès lors sa chambre-boudoir, située rue des Faussets, devient un lieu de travail et de mystique où se partagent amours, plaisirs solitaires et fertiles amitiés. Ses photographies font part de corps contorsionnés et de jambes gainées, témoignant d’un esprit libre et transgressif, soucieux d’aucune moralité. Molinier aimait se mettre en scène dans des postures érotisées, toutes peuplées de guêpières et de talons aiguilles, mais aussi de bas résille et de corsets. L’artiste jouait avec le corps, il le travestissait. Dans ses photomontages, son visage apparaît le plus souvent masqué : nimbé d’une teneur passéiste, il épouse les traits artificiels d’une poupée.

Portée par une scénographie volontairement neutre, éloignée de toute théâtralité, cette exposition embrasse l’ensemble des facettes de cette œuvre longtemps controversée mais incroyablement actuelle. Répartie en sept sections, elle explore les sources d’inspiration et met en exergue correspondances et filiations : 130 œuvres de Molinier rentrent ainsi en résonance avec les travaux de 52 artistes. Dans l’ombre portée du surréalisme, se dessine ainsi une cartographie contextuelle et historique articulée autour d’Hans Bellmer, de Claude Cahun et de Clovis Trouille.

Camille Vivier, Belt, 2018. Courtesy de l’artiste

Pour d’autres artistes, à l’exemple de Cindy Sherman, de Luciano Castelli et de Camille Vivier, une filiation avec Molinier apparaît dans leurs œuvres, qui convoquent des images échappant aux catégorisations de genre : sexe et plaisir ont certes valeur d’érotisation, mais témoignent également de leur pouvoir de mutation et de transformation. Procédant par entrées thématiques, dans un parcours fluide et ouvert, peintures, dessins, mais aussi photographies et vidéos offrent un propos sur l’époque, plaçant en même temps l’art de Molinier dans la plus évidente des actualités.

« Molinier rose saumon » (exposition anniversaire. 40 ans des FRAC),jusqu’au 17 septembre 2023, FRAC MÉCA, 5, Parvis Corto Maltese, 33800 Bordeaux

ExpositionsPierre MolinierFRAC MécaBordeauxCamille VivierCindy shermanLuciano Castelli Frac
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