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Critique

Dans l'intimité de Joan Mitchell

À travers le témoignage de vingt-quatre personnalités du monde de l’art, l’avocat et critique Guy Bloch-Champfort dresse le portrait d’une Joan Mitchell aux multiples facettes.

Camille Viéville
25 octobre 2022
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Guy Bloch-Champfort, Joan Mitchell. Témoignages et confidences, Dijon, Les presses du réel, 2022, 224 pages, 24 euros.

Guy Bloch-Champfort, Joan Mitchell. Témoignages et confidences, Dijon, Les presses du réel, 2022, 224 pages, 24 euros.

1977 marque le début de l’amitié entre Guy Bloch-Champfort et Joan Mitchell (1925-1992), qui vit en France depuis plus de deux décennies. Dès cette époque, l’artiste [à l’honneur cet automne à la Fondation Louis-Vuitton à Paris] est une figure importante des scènes artistiques new-yorkaise et parisienne, célébrée pour l’expressivité de ses grands paysages et son sens de la couleur. Elle a acheté en 1967 une propriété sur les bords de Seine, à Vétheuil, où elle a installé son atelier et où elle reçoit amis, artistes, critiques d’art, musiciens et écrivains. Ceux-là mêmes que Bloch-Champfort interroge, en 2011-2012, vingt ans après la disparition de Joan Mitchell des suites d’un cancer. Intimes, proches ou simples connaissances, de Paul Auster à Marcelin Pleynet en passant par Betsy Jolas, Michaële-Andréa Schatt et Mâkhi Xenakis, ils en dressent un portrait vivant et intense.

UNE FEMME DE CARACTÈRE
Des traits reviennent. La peintre est brillante, attachante, attentive, joyeuse, puissante, mais aussi tyrannique et parfois violente, notamment quand elle boit. À Guy Bloch-Champfort, relevant que tout le monde se remémore « son caractère difficile », l’historienne d’art Dominique Marquet répond avec finesse : « Oui, mais vous savez, les hommes ont du caractère, et les femmes ont mauvais caractère ! »

Intimes, proches ou simples connaissances, de Paul Auster à Marcelin Pleynet, ils dressent un portrait vivant et intense de l’artiste.


Si Joan Mitchell ouvre de bon gré la porte de son atelier, c’est rarement pour parler de son travail, et peu sont ceux qui ont eu l’opportunité de la voir à l’œuvre – le peintre Philippe Richard, qui est de ceux-là, loue une remarquable précision jusqu’au bout de la nuit, jusqu’au bout de l’ivresse. Grande amatrice de musique, l’Américaine écoute « ses 33 tours maculés de peinture » et se plaît à évoquer Maria Callas ou John Cage. La passion de la poésie, transmise par sa mère Marion Strobel, auteure et coéditrice de la revue Poetry, nourrit également ses échanges avec les visiteurs, dont le jeune Paul Auster : « […] elle aimait vraiment ce que j’écrivais, de la poésie, se souvient-il. […] Elle voulait toujours lire mes manuscrits. »

Mais les témoignages les plus stimulants sont ceux des artistes, particulièrement des artistes femmes. Ayant longtemps souffert de la misogynie du milieu artistique, Joan Mitchell, animée d’une conscience féministe aiguisée, se montre très sensible à leur œuvre, à leur trajectoire, à leurs difficultés. Elle les écoute volontiers, les encourage, les soutient. Pour l’une d’elles, Monique Frydman, qui vient de trouver un atelier à la campagne, elle a cette phrase magnifique : « Travaille, travaille, travaille, confie-moi tout, je m’occupe de tes chiens, doutes et mélancolies. »

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Guy Bloch-Champfort, Joan Mitchell. Témoignages et confidences, Dijon, Les presses du réel, 2022, 224 pages, 24 euros.

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