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Un djihadiste condamné à payer 2,7 M€ pour la destruction de mausolées à Tombouctou

La décision, prise par la Cour pénale internationale, crée un important précédent.

par Anna Sansom
26 septembre 2017
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Le 17 août dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a décrété qu’un extrémiste djihadiste avait causé 2,7 millions d’euros de dommages en détruisant des mausolées à Tombouctou, au Mali, en 2012. C’est la première fois que la CPI se prononce exclusivement par rapport à la destruction culturelle.

La CPI, basée à la Haye, a exigé des « réparations individuelles, collectives et symboliques » pour la communauté de Tombouctou. « La destruction de bâtiments protégés a provoqué la souffrance des Maliens et celle de la communauté internationale », a affirmé le juge de la CPI Raul Cano Pangalangan. Il a ordonné que la somme d’un euro symbolique soit versée au gouvernement du Mali ainsi qu’à l’Unesco.

Or le djihadiste Ahmad al-Faqi al-Madhi étant sans le sou, la CPI a décrété que ce serait le Fonds au profit des victimes, (mis en place après la création de la CPI en 2002) qui établirait comment payer cette somme exorbitante. Le fonds en question a jusqu’au 16 février 2018 pour recevoir le projet de réparations, qui est censé inclure la construction d’édifices commémoratifs.

À la suite d’une prise du pouvoir par les djihadistes dans le nord du Mali en 2012, les extrémistes ont détruit neuf mausolées et la porte centenaire de la mosquée Sidi-Yahya (construite pendant l’âge d’or de l’islam) à l’aide de pioches et de bulldozers, selon l’Agence France Presse. Dénoncés comme « crimes de guerre » par la CPI, ces actes ont valu à Ahmad al-Madhi une peine de neuf ans de prison. Sa condamnation est tombée en septembre dernier, après qu’il eut plaidé coupable de l’accusation d’avoir « dirigé intentionnellement » des attaques contre le patrimoine mondial de l’Unesco. Le responsable s’est excusé pour ses actions et a déclaré regretter les dommages qu’elles avaient causés.

« Ce verdict est significatif car il reconnaît les dégâts culturels que la guerre est capable d’entraîner », déclare Nick Gestrich (archéologue-chercheur spécialisé en histoire malienne à l’institut Frobenius de Frankfurt) à The Art Newspaper. « Au-delà de la destruction physique des édifices eux-mêmes, ceci a été traumatique pour les habitants de Tombouctou, qui sont des descendants vivants des saints dont les mausolées ont été détruits. Ces réparations sont un pas décisif pour rétablir la dignité de tous ceux qui ont été affectés par l’occupation djihadiste. »

Fondée vers 1100 par des tribus touaregs, Tombouctou était nommée « la ville des 333 saints » du fait des nombreux mystiques musulmans qui y étaient enterrés.

L’arrêt de la CPI implique que les destructions de sites historiques à Palmyre, en Syrie, et à Mossoul, en Irak, par Daech peuvent, elles aussi, être considérées comme des crimes de guerre par la cour. En janvier dernier, la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, disait de l’anéantissement du tétrapyle de Palmyre que c’était un « nouveau crime de guerre ».

Cependant, selon la chaîne d’information France24, le Fonds au profit des victimes a prévenu qu’une décision de ce type pouvait en fait encourager la destruction culturelle, les plus démunis pouvant contempler ces actes comme une manière de s’assurer un paiement compensatoire.

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