Les nombreux collectionneurs qui ont arpenté les salons de l’Hôtel de Maisons aux toutes premières heures de Design Miami Paris, en début de semaine, n’ont eu qu’à traverser le boulevard Saint-Germain pour se rendre à la deuxième édition de Ceramic Art Fair + Glass, installée à la Maison de l’Amérique latine. Avec près de 1 500 visiteurs le soir du vernissage, et près de 4 000 depuis, Victoria Denis, organisatrice du salon, se dit très satisfaite. « La plupart des exposants ont le sourire et ont très bien vendu, confie-t-elle. Les gros collectionneurs et décorateurs français, anglais, américains, australiens et asiatiques ont répondu présents. La structure new-yorkaise Powerhouse Arts a par exemple quasiment cédé tout son stand ! De plus, nous avons augmenté cette année de plus de 50% le nombre d’exposants [34 contre 22 en 2025, ndlr], ce qui nous a incités à investir le deuxième étage de la Maison de l’Amérique latine.» Parmi les vingt nouveaux venus figurent quelques enseignes étrangères, comme Powerhouse Arts (New York), Cynthia Corbett (Londres), House of Today (Beyrouth) ou Kuzebauch (Prague).
Les galeristes français paraissent eux aussi avoir bien tiré leur épingle du jeu. Les frères Guillaume et Vincent Le Goff (galerie Breur Hyères), spécialistes de la céramique des années 1950, se montrent enthousiastes pour leur première participation : « L’architecte Luis Laplace (studio Laplace) a été séduit par notre stand et nous a acheté une demi-douzaine de pièces, dont une coupe sculpture de Valentine Schlegel et un panneau décoratif de Roger Capron qui habillait les murs de la poissonnerie d’Aurillac. » Même son de cloche chez Camille Leprince, qui a vu passer sur son stand des représentants du Metropolitan Museum of Art, de la Fondation Villa Datris et du musée d’Orsay.
« Le succès du salon est garanti par les multiples propositions des artistes ou des artisans, de la sculpture aux arts décoratifs, mais aussi par le large panel de prix », souligne Victoria Denis. En témoignent une petite idole, Small God, de Bertrand Secret, vendue 500 euros sur le stand de la galerie Michèle Hayem, ou la sculpture Végétal en grès émaillé de Laurent Dufour (galerie Aurélien Gendras), qui a trouvé preneur pour la somme de 28 000 euros.

Kristin McKirdy, Claustra, 2018, céramique émaillée, 283 x 190 x 13 cm. Copyright Galerie Jousse Entreprise. Photo Adrien Dirand
Certains exposants ont choisi de mettre un artiste à l’honneur, comme Philippe Rapin (Maison Rapin): « J’ai rencontré la famille du céramiste Giuseppe Civitelli, originaire de Calabre, confie le galeriste. J’ai voulu donner un nouvel éclairage sur son travail, aux fortes influences du Sud, à travers ce solo show et l’édition, à l’occasion du salon, d’un ouvrage consacré à ses œuvres.» .
[Giuseppe Civitelli, Ceramics, éditions Maison Rapin, 2026]. Il annonce sept céramiques vendues entre 3 800 et 22 000 euros, pour un artiste qui a par ailleurs reçu le Prix Objet du Désir parmi la sélection opérée par Pauline Loeb – cette dernière organise par ailleurs cette semaine une exposition à la galerie Koren, à Paris. Karine Jousse (Jousse Entreprise) a, elle, choisi de présenter une sélection de la céramiste canadienne Kristin McKirdy, invitée d’honneur du salon. L’artiste, qui part bientôt en résidence au Japon, explique avoir souhaité « une scénographie sous forme de rétrospective, de mes débuts comme potier jusqu’à mes installations les plus récentes ». Le Salon est aussi l’occasion de
la présentation du numéro 0 de la nouvelle et prometteuse revue Pot-Pourri, qui explore la céramique et ses liens avec d’autres disci-plines, des arts populaires à la poésie.
Côté verre, Laurence Boyer (galerie Follow 13) se réjouit d’ « excellentes premières heures de salon », avec la vente de plusieurs sculptures en verre émaillé et fusionné de Jonathan Ausseresse (entre 2 000 et 8 000 euros), distingué par le Prix Objet du Désir dans la sélection de Stéphanie Primet. Parmi les autres ventes notables, citons une œuvre de Claire Lindner (environ 20 000 euros) et une sculpture de Roger Capron (autour de 40 000 euros) chez Florian Daguet-Bresson; Moonrise (2), sculpture du couple Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, présentée par la galerie Lefebvre & Fils (entre 15 000 et 20 000 euros); une œuvre du jeune artiste néerlandais Onno Theelen (School Gallery, environ 16 000 euros); enfin plusieurs sculptures et bas-reliefs de la série La Guerre du feu d’Étienne Pottier, vendus par Pierre Passebon et Antonine Catzéflis (Galerie du Passage) entre 3 500 euros et 16 000 euros.
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Ceramic Art Fair + Glass, jusqu’au 25 octobre 2026, Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris.
