L’un des fleurons de l’architecture limougeaude a été ravagé par les flammes à l’issue de la journée de mobilisation sociale du 17 octobre. Des émeutiers ont pénétré dans la mairie de la préfecture du département de la Haute-Vienne, menacé le personnel et mis le feu. Le campanile, le toit et une partie de la façade sont détruits. Les dégâts à l’intérieur sont considérables.
Inauguré le 14 juillet 1883, l’édifice conçu par Charles-Alfred Leclerc, grand Prix de Rome, comporte une façade principale de style néo-Renaissance largement inspirée de celle de l’hôtel de ville de Paris. Inscrit au titre des monuments historiques depuis 1975, le bâtiment a fait l’objet d’un appel au mécénat en 2015 par la municipalité, associée à la Fondation du patrimoine, pour financer sa rénovation.
À Paris, Marseille, Lyon…, les saccages et attaques contre des bâtiments publics et des commerces, comme les défaillances de la réponse policière, ont suscité la colère des édiles, pointant la responsabilité de l’État. « J’en veux beaucoup aux responsables et aux dirigeants de ce pays. L’incendie de cette ville aurait pu être évité, a déclaré Guillaume Guérin, maire (LR) de Limoges. Il a manqué des moyens, des munitions à la police de la République française en 2026 dans la deuxième ville du Grand Sud-Ouest. C’est inacceptable. » Ce dernier a menacé de démissionner si l’État ne finance pas la reconstruction de l’hôtel de ville.
Le président de la République Emmanuel Macron, qui s’est exprimé dimanche soir après avoir refusé la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré : « Plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes ont manifesté avec la volonté de porter des revendications légitimes. Jamais nous ne devons confondre ces derniers avec ceux qui ont détruit, cassé, pillé. » Avant de conclure son allocution par : « Nous avons besoin d’unité, de calme et de respect. »
Dans ce contexte de mobilisation sociale doublée d’une crise politique, donnant à l’international l’image d’une France quasi insurrectionnelle, les appels à intensifier le mouvement se multiplient. Des pillages et dégradations se sont poursuivis dans la nuit de dimanche à lundi.


