La Biennale de Boukhara a annoncé la nomination de Kulapat Yantrasast à la direction artistique de la prochaine Biennale de Boukhara, qui se tiendra du 3 septembre au 27 novembre 2027 dans cette ville d’Ouzbékistan, en Asie centrale.
Diplômé de l’université de Tokyo, l’architecte et designer, originaire de Bangkok, a travaillé en étroite collaboration avec Tadao Ando avant de fonder le cabinet d’architecture WHY à Los Angeles en 2004. Parmi ses projets récents figurent le centre ILMI Science Discovery & Innovation Center à Riyad, en Arabie saoudite (actuellement en construction), le Dib Bangkok Art Museum ainsi que la rénovation de l’aile Michael C. Rockefeller du Metropolitan Museum of Art à New York, tous deux achevés en 2025. WHY travaille également à la conception du nouveau département d’art byzantin et chrétien oriental du Louvre, à Paris, ainsi que du Musée national de l’Inde à New Delhi, qui devrait devenir le plus grand musée du monde. Kulapat Yantrasast est lauréat du prix Silpathorn en Thaïlande et siège aux conseils d’administration de la Pulitzer Arts Foundation et du Noguchi Museum. Il est l’un des lauréats des médailles décernées cette année par Art Basel, récompensé pour sa contribution à l’architecture muséale et à la conception d’expositions.
« Suite à l’accueil extraordinaire réservé à la première édition de la Biennale de Boukhara, nous sommes ravis d’accueillir Kulapat Yantrasast en tant que directeur artistique pour 2027, a salué Gayane Umerova, présidente de la Fondation pour le développement de l’art et de la culture en Ouzbékistan (ACDF). L’édition 2025 a montré comment l’art et l’artisanat contemporains peuvent ouvrir de nouveaux débats autour du patrimoine, de la communauté et de l’identité culturelle, tout en reconnectant Boukhara à son rôle historique de centre d’échanges intellectuels et créatifs le long des Routes de la Soie. Kulapat apporte une vision profondément humaniste et interdisciplinaire, qui considère l’architecture, l’artisanat, l’écologie, la recherche et la pratique artistique non pas comme des domaines distincts, mais comme des moyens interdépendants de façonner notre façon de vivre ensemble et d’imaginer l’avenir. Nous attendons avec impatience ce qu’il va construire ici. »
« L’Ouzbékistan m’a conquis dès ma première visite, non pas par ses monuments, mais par ses habitants : leurs récits, leur générosité et la sereine assurance d’une culture qui a toujours appartenu au monde, a déclaré Kulapat Yantrasast. L’édition 2025 a été remarquable, redonnant à Boukhara son rôle de véritable centre d’échanges culturels. Mon ambition pour 2027 est d’approfondir ce dialogue – de considérer l’infrastructure elle-même comme de la culture, où les caravansérails, les madrasas, les hammams, les places publiques et les jardins deviennent des salons où s’échangent des idées entre artistes, artisans, écologistes et universitaires. La biennale est une invitation à laisser l’art et la culture faire ce qu’ils font le mieux : enrichir la vie, honorer le lieu et faire de la durabilité un héritage commun plutôt qu’une ambition lointaine. C’est un travail de longue haleine. La biennale de 2027 prendra fin ; Boukhara continuera d’exister. Ce qui m’importe, c’est que chaque commande, chaque bâtiment restauré, chaque jardin que nous touchons, chaque rencontre entre un artisan et un participant soit une graine semée pour les générations qui hériteront de cette ville. »
Organisée sous l’égide de Gayane Umerova, la Biennale de Boukhara a, pour sa première édition, inaugurée en septembre 2025 et intitulée « Recipes for Broken Heart », associé des artisans locaux à des artistes. Parmi les quelque 160 participants figuraient Antony Gormley, Subodh Gupta ou Eva Jospin, les œuvres étant exclusivement réalisées en Ouzbékistan.
L’édition 2027 s’appuiera sur ce modèle en réunissant des artistes et des écologistes, des scientifiques, des économistes et d’autres chercheurs locaux. L’événement se déroulera sur un large éventail de sites, dont certains ouverts au public pour la première fois. Le thème de l’exposition sera dévoilé dans le courant de l’année. Kulapat Yantrasast succède à Diana Campbell, la directrice artistique inaugurale de la biennale.
Kulapat Yantrasast et Gayane Umerova participeront ce jeudi 18 juin, en compagnie de Chris Dercon, directeur général de la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, à une discussion animée par Alia Al-Senussi à la Fondation Beyeler, à Riehen, pendant la Foire Art Basel, au cours de laquelle ils aborderont notamment la vision de cette édition 2027 de la biennale.




