Le gouvernement allemand et les 16 Länder sont convenus de créer un conseil chargé de superviser la restitution des biens culturels et des restes humains conservés dans les collections publiques du pays et acquis dans un contexte colonial.
La nouvelle instance, baptisée Conseil de coordination pour les retours de biens culturels et de restes humains issus de contextes coloniaux [Koordinierungsrat für Rückgaben von Kulturgütern und menschlichen Überresten aus kolonialen Kontexten], comprendra des représentants de l’État fédéral, des Länder et des autorités municipales, selon un communiqué. Ce texte a été publié par les 16 ministres régionaux de la Culture ainsi que par des représentants du ministère allemand des Affaires étrangères et du ministère de la Culture, à l’issue d’une réunion qui s’est tenue le 30 mars 2026.
Le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer, a qualifié ce nouveau conseil d’« étape importante dans la gestion responsable des biens culturels et des restes humains issus de contextes coloniaux », ajoutant qu’il contribuerait à « mieux structurer les processus de restitution en cours et à venir ». Selon le communiqué du 30 mars, le nouveau conseil coordonnera également son action avec ses homologues dans les pays concernés.
En 2019, les Länder allemands et le gouvernement fédéral se sont accordés pour restituer les artefacts conservés dans les collections publiques qui avaient été prélevés dans les anciennes colonies « d’une manière qui apparaîtrait aujourd’hui juridiquement ou moralement injustifiable », qualifiant leur retour de « devoir éthique et moral ». Ils sont également convenus de créer des structures destinées à faciliter les restitutions et ont appelé les institutions détenant de tels biens à mener des recherches de provenance.
Plusieurs pays, dont le Cameroun, la Tanzanie, le Ghana et le Togo, ont mis en place des structures étatiques et des instances chargées des restitutions en réponse aux initiatives prises par des musées occidentaux pour restituer des artefacts acquis à l’époque coloniale. Ces instances souhaitent engager un dialogue avec une autorité centrale allemande, indique le communiqué publié le 30 mars.
Les musées allemands n’ont pas seulement acquis des objets prélevés dans les colonies allemandes d’Afrique, mais aussi – par le biais d’achats et de dons – des artefacts pillés dans des territoires placés sous la domination d’autres puissances européennes.
En 2022, le gouvernement fédéral, les Länder et les musées ont transféré au Nigeria la propriété de plus de 1 100 bronzes du Bénin provenant de cinq collections muséales, faisant de l’Allemagne le premier pays à restituer des centaines d’objets pillés lors du raid britannique mené contre le royaume du Bénin en 1897. En 2024, la Fondation du patrimoine culturel prussien a transféré à la Namibie, ancienne colonie allemande, la propriété de 23 objets.
Une étude publiée en 2023 a montré que les musées allemands consacrés aux cultures du monde conservent 40 000 objets provenant du Cameroun, soit davantage que l’ensemble de la collection africaine du British Museum à Londres. En 2022, la Fondation du patrimoine culturel prussien a accepté de restituer une figure féminine connue sous le nom de Ngonnso, issue du royaume historique de Nso’, dans le nord-ouest du Cameroun, et revêtant une importance spirituelle majeure pour la communauté Nso’.
Le transfert de propriété n’a toutefois pas encore eu lieu, comme pour d’autres restitutions encore en suspens de la part d’institutions allemandes à des pays tels que le Ghana et la Tanzanie.



