Pour la première fois en quarante ans d’existence, l’Institut du monde arabe va être dirigé par une femme. La diplomate Anne-Claire Legendre vient en effet d’être nommée à la tête de l’institution parisienne ce mardi 17 février 2026, après un vote à l’unanimité de son conseil d’administration. Elle avait été proposée à ce poste par le ministère des Affaires étrangères.
Un ambassadeur, membre du conseil d’administration de l’Institut du monde arabe, décrit Anne-Claire Legendre comme « compétente, substantielle et engagée avec une connaissance aiguë de chaque pays qui compose le monde arabe, que ce soit le Maghreb ou le Moyen-Orient ».
Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, explique dans un communiqué qu’à « l’approche du 40e anniversaire de l’institution, la nouvelle présidence aura pour feuille de route la mise en œuvre d’une réforme ambitieuse et structurante ». Selon lui, l’État souhaite voir l’institution « réaffirmer son rôle au service de notre diplomatie culturelle et d’un dialogue renouvelé avec les sociétés arabes contemporaines », être « plus efficace » et qu’elle retrouve une « trajectoire financière soutenable ».
Cette nomination fait suite à la démission le 7 février 2026 de Jack Lang, qui a passé treize années à la tête de l’Institut du monde arabe, après que des documents ont montré ses échanges répétés avec le pédocriminel américain Jeffrey Epstein.
Diplômée de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), Anne-Claire Legendre est une spécialiste du monde arabe. Aujourd’hui âgée de 46 ans, elle a rejoint en 2023 la cellule diplomatique de l’Élysée en tant que conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient, dans laquelle elle s’est notamment engagée dans la reconnaissance de l’État de Palestine par le gouvernement français. Elle a été, pendant près de deux ans, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, et avait occupé le poste de consule générale à New York, de 2016 à 2020.




