Les Berbères l’appellent Djurdjura, terme hérité de ger (insérer un centre). Pour les Romains, il était le Mons Ferratus, la « montagne de fer ». C’est du sol ferrugineux de ces montagnes de Kabylie, au nord de l’Algérie, que Karim Kal tire ses racines. Il s’y est rendu dans la continuation d’une recherche qu’il mène depuis deux décennies sur les espaces affectés par des rapports de pouvoir : hôpitaux, prisons ou banlieues. Éclairées par une simple torche, ses images sont le récit de nuits arides – le ciment est craquelé, le béton sale, les plantes hostiles et les lumières des villes n’apparaissent qu’au loin. Cette errance nocturne n’est pas une quête identitaire, mais le portrait d’une terre, symbole de résistance aux dominations et aux terreurs, territoire d’un peuple farouchement libre et indépendant.
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« Karim Kal, Mons Ferratus », du 28 janvier au 13 avril 2025, Fondation Henri Cartier-Bresson, 79, rue des Archives, 75003 Paris, henricartierbresson.org



