Opinion
Perspectives

L'été du patrimoine

Pour les amateurs d’art, cet été 2020 marqué par la crise du Covid-19, est le moment propice pour visiter les innombrables chefs-d’œuvre du patrimoine qui peuplent nos villes et nos campagnes.

Avec la crise du coronavirus dont la circulation sera encore très active tout l’été, comme le mettent en garde de nombreux professionnels de la santé, et la réduction des voyages qu’elle induit, beaucoup de Français vont cette année passer leurs vacances estivales dans l’Hexagone.

Me Mémorial des batailles de la Marne à Dormans (Marne) Courtesy Wikimedia, D.R.

Pour les amateurs d’art, c’est – ou se sera – l’occasion de découvrir ou de redécouvrir de nombreux musées, fonds régionaux d’art contemporain, centres d’art, fondations… qui font la richesse de nos territoires. C’est aussi le moment propice pour visiter les innombrables chefs-d’œuvre du patrimoine qui peuplent nos villes et nos campagnes, ceux gérés par le Centre des monuments nationaux ou les collectivités territoriales, mais aussi tous les châteaux et propriétés privés entretenus par les amoureux des vieilles pierres. Ces derniers qui ont particulièrement souffert financièrement de la crise du Covid-19, ont plus que jamais besoin de retrouver leurs visiteurs pour maintenir à flot leurs fragiles économies. En 2019, ce sont près de 250 nouveaux édifices qui ont été classés monuments historiques, à l’image du Mémorial des batailles de la Marne à Dormans (Marne), de la synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth (3e arrondissement de Paris), de la chapelle de l’hôpital Lariboisière (10e arrondissement de Paris), du domaine du château de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), du château de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) ou encore de l’abbaye cistercienne de Longuay (Haute-Marne). Ce patrimoine, il est plus que jamais nécessaire de l’entretenir pour le transmettre aux générations futures. Les incendies de Notre-Dame de Paris et de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes ont récemment montré leur fragilité, même si dans le cas du second sinistre, son origine criminelle semble être confirmée après les aveux samedi d’un bénévole du diocèse qui a reconnu voir allumé trois feux dans l’édifice. Dans le brasier a été perdu le tableau d’Hippolyte Flandrin Saint Clair guérissant les aveugles. Espérons qu’il nous ouvre les yeux.