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Critique

Histoire d'un art : Ana Lupaş

Pourquoi un artiste décide-t-il d’antidater une œuvre ? Et quels effets ce choix a-t-il sur sa réception ? L’historienne d’art Ileana Parvu répond à ces questions dans un essai consacré à cette figure majeure de l’art contemporain roumain.

Camille Viéville
23 décembre 2025
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Ileana Parvu, Les Fils renoués. Ana Lupaş, les années 1970, Lannion, Sombres torrents, 2025, 72 pages, 9 euros.

Ileana Parvu, Les Fils renoués. Ana Lupaş, les années 1970, Lannion, Sombres torrents, 2025, 72 pages, 9 euros.

Née en 1940 à Cluj, en Roumanie, Ana Lupaş est formée dans l’atelier de tapisserie de Maria Ciupe à l’Institutul de Arte Plastice Ion-Andreescu (actuelle Universitatea de Artă şi Design din Cluj- Napoca), dont elle sort diplômée en 1962. S’inspirant des traditions rurales et artisanales de sa région natale pour révolutionner l’art textile, elle expose, dès la fin des années 1960, à la prestigieuse Biennale internationale de la tapisserie de Lausanne, en Suisse, et au Salon d’artisanat d’art de Stuttgart, en Allemagne, où elle obtient une médaille d’or. Elle participe au renouveau de la tapisserie, laquelle, intégrée au champ du fiber art, quitte le mur pour se déployer dans l’espace et prendre une ampleur sculpturale, voire immersive.

Une pratique d'antidatation

Aux yeux d’Ana Lupaş, l’action s’impose comme moyen « de sortir du domaine de la tapisserie » et « de s’émanciper du système des Beaux-Arts » dans le contexte communiste. Elle imagine, au début des années 1970, Tapis volant, symbole de paix et The Solemn Process, deux importantes installations collaboratives, ancrées dans le monde paysan roumain. La première, des tissus tendus sur des cordes, est présentée avec des variantes en 1972 sur une aire de jeu à Cluj et devant le Palais de Tokyo à Paris, puis dans la campagne roumaine l’année suivante; la seconde, composée de couronnes de blé entrecroisé, est conçue en 1974 avec l’aide de cultivateurs du village de Mărgău et exposée de différentes manières depuis. À partir des années 1980, l’artiste cesse de créer de nouvelles œuvres pour effectuer un travail conceptuel sur sa production passée. Ce travail consiste non seulement à antidater certaines de ses pièces, mais aussi à les réactiver de diverses façons (exposition, dessin, etc.), à les documenter ou encore à les restaurer et à les conserver.

Dans l’essai Les Fils renoués, paru chez Sombres torrents, Ileana Parvu se concentre essentiellement sur le processus de réécriture par Ana Lupaş de sa propre histoire. La chercheuse mène une enquête, à partir des sources documentaires et archivistiques de l’époque, afin de rétablir la chronologie de Tapis volant, symbole de paix et The Solemn Process. Elle porte un regard critique sur cette pratique d’antidatation chez Ana Lupaş qui, en gommant selon elle les disparités avec la scène artistique de l’Europe de l’Ouest et des États- Unis (land art, art conceptuel, etc.), contribue à effacer l’enracinement de son œuvre « dans les processus manuels et artisanaux de l’art textile » et dans l’histoire de l’art roumain.

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Ileana Parvu, Les Fils renoués. Ana Lupaş, les années 1970, Lannion, Sombres torrents, 2025, 72 pages, 9 euros.

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