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Critique

Vies d'artistes au Bowery

Dans Le Passant du Bowery, Clément Ghys livre le récit enlevé de la vie artistiqueà New York à travers le 222 Bowery, vu par un mystérieux narrateur.

Anaël Pigeat
10 octobre 2023
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Clément Ghys, Le Passant du Bowery, Paris, Seuil, 2023, 288 pages, 19,50 euros.

Clément Ghys, Le Passant du Bowery, Paris, Seuil, 2023, 288 pages, 19,50 euros.

C’est le portrait d’un lieu à travers ceux qui l’ont habité, des histoires vraies fantasmées par le narrateur et précisément documentées par l’auteur à partir d’archives et de nombreuses rencontres. Ce sont aussi de folles histoires d’amour de garçons, ces « jeunes gens prolongés » qui sont passés par là – l’expression est de l’écrivain britannique D. H. Lawrence et court le long du texte comme un refrain envoûtant. Le point de départ de ce récit est un article de Clément Ghys, aujourd’hui rédacteur en chef de M le magazine du Monde, sur les années William Burroughs du 222 Bowery, paru en une du journal pendant l’été 2021. Il en a, pour ce livre, ramifié le récit, en remontant à la construction du bâtiment en 1885 et aux premières années du Young Men’s Institute, puis en racontant son âge d’or qui a vu se succéder ce que le monde de l’art à New York a compté d’artistes les plus inspirants.

Au fil des pages, on croise l’ombre de Fernand Léger (on se demande encore s’il y a vraiment séjourné), Mark Rothko (qui a peint dans le gymnase), William Burroughs évidemment, régnant sur le Bunker, drôle d’entresol aveugle qu’il habitait, et l’acteur Taylor Mead, Andy Warhol, John Giorno, Ugo Rondinone…

Des fêtes qui ont eu lieu là, on imaginera l’atmosphère hallucinée de « nuits pures » à partir de chroniques publiées à l’époque dans les magazines, et peut-être aussi avec toute la distance perceptible dans le tableau d’Alex Katz, The Cocktail Party (1965). On saura souvent les listes des invités, signes du passage du temps, écrites comme des mantras ou des litanies de saints où l’on retrouve (presque) toujours Andy Warhol, jusqu’à sa mort en 1987.

Clément Ghys a, pour ce livre, ramifié son récit, en remontant à la construction du bâtiment en1885, puis en racontant son âge d’or qui a vu se succéder ce que le monde de l’art à New York a compté d’artistes les plus inspirants.

UNE HISTOIRE INTIME D’ARTISTES

Les protagonistes de cette épopée sont des artistes connus pour la plupart, mais aussi inconnus parfois, des passants d’un jour, les propriétaires successifs de ces murs, philanthrope et ami des artistes tel Sam Wapnowitz, ou peu enclin aux enjeux de l’art et de l’esprit, comme l’actuel propriétaire Mark Buller, dont l’épouse a installé récemment au rez-de-chaussée un magasin de matériaux de construction écologiques. Au départ de Burroughs, le Bunker est transformé en temple bouddhique. À travers les fenêtres du 222 Bowery apparaît progressivement la silhouette du New Museum en construction, signe de l’effacement de mondes anciens. Cette traversée s’achève avec la disparition récente de Lynn Umlauf, la dernière occupante de ces lieux devenus souvenirs – Clément Ghys compare d’ailleurs New York à la Venise de Canaletto pour sa nature austère, ses ambitions et ses délires, et son caractère fantomatique peut-être à venir. À la chronologie souple de ce récit élégant s’ajoutent quelques dérives géo-graphiques jusqu’aux rives de la Seine, dans l’appartement de Bernard Heidsieck sur l’île Saint-Louis, à Paris. Le Passant du Bowery est aussi une histoire intime de vies d’artistes.
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Clément Ghys, Le Passant du Bowery, Paris, Seuil, 2023, 288 pages, 19,50 euros.

LivresClément Ghys222 BoweryNew YorkEditions du Seuil
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