Victoria and Albert Museum

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Les 10 meilleures acquisitions des musées en 2017

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Retour sur les dons et les acquisitions les plus importants à avoir rejoint des collections publiques en 2017.

Cette année, la politique s’est invitée dans les musées : le Brexit a menacé l’avenir des collections de plusieurs institutions au Royaume-Uni, la marche des femmes contre Donald Trump a décroché une place au Victoria & Albert Museum (Londres) et d’importants dons d’art amérindien et africain ont rejoint des musées aux États-Unis. Sans oublier le Louvre Abou Dhabi, qui a dévoilé sa collection universelle –toujours en évolution–, comme en a témoigné l’arrivée du Salvator Mundi de Léonard, adjugé à 450 millions de dollars. Nous revenons sur les dix œuvres incontournables qui ont intégré les collections des musées en 2017.

#1 Le « Pussyhat » porté à la marche des femmes à Washington, DC

Où ? Victoria & Albert Museum, Londres

Le « Pussyhat » porté pendant la marche des femmes à Washington, D.C. Victoria and Albert Museum

Le Victoria & Albert Museum possède désormais le bonnet porté par les manifestantes lors de la marche internationale des femmes, qui s’est déroulée un jour après le discours d’investiture de Donald Trump, à Washington, DC, en janvier dernier. Le « Pussyhat Project » a été lancé en réponse à l’enregistrement du président, où on l’entendait se vanter « d’attraper les femmes par la chatte ». Une occasion pour le musée de mettre en place son nouveau programme de « Rapid Response Collecting », ayant pour but l’acquisition d’objets représentatifs de la culture populaire et du changement politique.

#2 L’art afro-américain du « Sud profond »

Où ? Fine Arts Museum, San Francisco

Jessie Pettway, Bars and String-Pieced Columns, vers 1950 Fine Arts Museums of San Francisco

Basée à Atlanta, la Souls Grown Deep Foundation promeut des artistes afro-américains originaires du « Sud profond » des États-Unis. Cette année, l’organisation a déployé ses œuvres dans plusieurs institutions états-uniennes, notamment au Fine Arts Museums de SanFrancisco, qui ont acquis soixante-deux œuvres de vingt-deux artistes afro-américains, dont Thornton Dial, Lonnie Holley et Bessie Harvey, en février dernier. D’autres créations ont été réparties entre le High Museum of Art d’Atlanta, à l’Ackland Art Museum en Caroline du Nord et au Museum of Art de La Nouvelle Orléans.

#3 #3 Jean-Étienne Liotard, Une Hollandaise versant du café (vers 1756)

Où ? Rijksmuseum, Amsterdam

Jean-Etienne Liotard, Une Hollandaise versant du café (vers 1756) Rijksmuseum

Cette scène d’intérieur – un hommage au siècle d’or néerlandais – a été vendue à 4,4 millions de livres sterling (avec frais) en juillet 2016 chez Sotheby’s, à Londres. Elle est arrivée au Rijksmuseum en janvier, après avoir obtenu une licence d’exportation du Royaume-Uni. L’œuvre – une des trente peintures à huile de Jean-Etienne Liotard – était restée dans le domaine privé pendant plus de deux siècles. Exposée au sein d’une grande collection de dessins au pastel de l’artiste suisse, elle fait à présent partie de la collection du musée.

#4 L’art amérindien

Où ? Metropolitan Museum of Art, New York

Un masque Yup'ik de la collection Diker (vers 1900) Dirk Bakker/Metropolitan Museum of Art

Dès 2018, le Metropolitan Museum of Art inclura des objets d’art amérindiens dans son aile destinée à l’art américain. Les mécènes Charles et Valerie Diker ont promis au musée quatre-vingt-onze œuvres (datées du IIe au XXesiècle) –en plus des vingt œuvres qu’ils ont léguées au cours des vingt dernières années. Une exposition de la collection Diker est prévue à l’automne prochain.

#5 Le Salvator Mundi de Léonard de Vinci (vers 1500)

Où ? Louvre Abou Dhabi

Le Salvator Mundi sera exposé au Louvre Abou Dhabi, côté de La Belle Ferronnière Christie’s Images, 2017

Le « premier musée universel du monde arabe » a développé sa collection permanente pendant près de dix ans. Son acquisition la plus importante à cette date est le Sauveur du monde de Léonard de Vinci (vers 1500), vendu à plus de 450millions de dollars chez Christie’s, NewYork, le 15novembre dernier. L’identité de l’acquéreur n’a d’abord pas été dévoilée. Se sont ensuivies de nombreuses spéculations, dont quelques contradictoires. Certains médias assuraient qu’il s’agissait de Mohammed ben Salmane Al Saoud, prince héritier d’Arabie saoudite. La semaine dernière, le président du département de Culture et de Tourisme du Louvre Abou Dhabi a annoncé qu’il avait acheté le tableau pour le musée. La peinture sera montrée à côté de La Belle Ferronnière de Léonard (vers 1490), prêtée par le Louvre parisien.

#6 Les dessins des maîtres anciens et La Surprise d’Antoine Watteau

Où ? J. Paul Getty Museum, Los Angeles

Jean Antoine Watteau, La Surprise (vers 1718) J. Paul Getty Museum

En août dernier, le J. Paul Getty Museum a annoncé qu’il incorporait à sa collection seize dessins de maîtres anciens (dont Michel-Ange, Andrea del Sarto et le Parmesan) et La Surprise (1718), une peinture d’Antoine Watteau. Estimé à 100millions de dollars, le tableau a été découvert en 2008 après avoir disparu pendant près de 160ans. Le lot a probablement été acheté au collectionneur Luca Padulli. Des licences d’exportation du gouvernement britannique pour trois des œuvres sont encore en cours d’obtention. La collection sera montrée dans le cadre d’une exposition temporaire en janvier prochain.

#7 Clichés de Diane Arbus

Où ? Art Gallery of Ontario, Toronto

Art Gallery of Ontario / Jozef Straus / The Estate of Diane Arbus

Après trois ans de négociations, la Art Gallery of Ontario –qui ne possédait jusqu’alors aucune œuvre de Diane Arbus– a acheté 522clichés de l’artiste à la Fraenkel Gallery de SanFrancisco (un chiffre considérable, la galerie étant le deuxième espace à posséder autant de photographies de Diane Arbus, juste après le Metropolitan Museum de NewYork). Il s’agit de clichés méconnus de l’artiste datant de 1950 environ et de photographies pour des magazines tels qu’Esquire et Harper’s Bazaar, de 1960 jusqu’à sa mort.

#8 La collection de photographies de Martin Parr

Où ? Tate, Londres

David Bailey’s Box of Pin Ups (1965) The Martin Parr Collection Tate

Dans le cadre de son partenariat avec la LUMA Foundation de Maja Hoffmann, la Tate a acquis plus de 12000« photobooks » du photographe britannique Martin Parr. Pendant les vingt-cinq dernières années, le célèbre photographe a rassemblé des œuvres de Hans Bellmer et de Robert Frank portant sur des sujets, régions et pratiques photographiques variés. Les livres seront exposés à la Tate et au centre culturel Luma Arles, dont l’ouverture est prévue en 2018.

#9 Bernardo Bellotto, La Forteresse de Königstein, vue du nord (vers 1756-1758)

Où ? National Gallery, Londres

Bernardo Bellotto, La Forteresse de Königstein, vue du nord (vers 1756-58) Courtesy : National Gallery, Londres

La dévaluation de la livre sterling aura coûté cher à la National Gallery de Londres. Le musée avait d’abord proposé 30,6millions de livres pour un portrait de Pontormo. Or, son propriétaire, Tom Hill (un gestionnaire de fonds de couverture américain), a rejeté l’offre : la transaction lui faisant perdre 10millions de dollars. Le musée a alors acquis le tableau de Bellotto à 11,7millions de livres sterling (67000livres ont dû être rajoutées à cette somme afin de compenser la baisse de la monnaie). La peinture étant interdite d’exportation, l’institution a bénéficié d’un délai qui lui a permis de récolter les fonds nécessaires.

#10 Collections d’art flamand et néerlandais

Où ? Musée of Fine Arts, Boston

Salomon de Bray, Étude d’une jeune femme de profil (1636) Margareta Svensson/MFA Boston

En novembre dernier, le Museum of Fine Arts de Boston (MFA) s’est vu doter d’importantes peintures européennes destinées à sa collection d’art flamand et néerlandais du XVIIe siècle. Le don –une combinaison de holdings de deux couples de collectionneurs, Rose-Marie et Eijk van Otterloo et Susan et Matthew Weatherbie– consiste en 113 œuvres par soixante-seize artistes, parmi lesquels figurent Rembrandt et Rubens. Les mécènes ont aussi contribué à la création d’un centre d’art néerlandais, dont l’ouverture est prévue en 2020.

Appeared in The Art Newspaper Digital, 2017