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À Paris, l’exposition David Hockney rencontre un immense succès

Au Centre Pompidou, près de 6 000 visiteurs fouleraient, chaque jour, le sol de l’exposition « David Hockney ». Réalisée par Didier Ottinger, pour célébrer les 80 ans de l’artiste anglais, la rétrospective n’est cependant pas la première à attirer autant de visiteurs.

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Après Londres, où elle avait rencontré un succès important, la rétrospective itinérante « David Hockney » marque l’arrêt en plein cœur de la capitale française et montre combien l’œuvre de l’artiste britannique a été (et continue d’être) prolifique. Depuis son inauguration le 21 juin dernier au musée d’Art moderne-Centre Pompidou, l’exposition a drainé les foules et peut se vanter d’avoir accueilli en moyenne 6 000 visiteurs par jour. Qu’il vienne admirer l’iconique Bigger Splash (1967), découvrir les travaux de jeunesse de l’artiste ou son travail numérique, le public répond « présent » et sa mobilisation devrait placer la rétrospective en tête des expositions les plus fréquentées du Centre Pompidou. Elle reprendra ensuite la route pour rejoindre le Metropolitan Museum, à New York.

Si cette réussite est considérable, elle est cependant loin d’être isolée au sein de l’institution habituée aux expositions à succès. Déjà en 1980, l’exposition monographique sur Salvador Dalí avait connu un succès retentissant avec 840 662 visiteurs. Trente ans plus tard, une deuxième monographie de l’artiste avait attiré 790 000 personnes au sein de l’établissement parisien. Qu’elles se concentrent sur Henri Matisse, Vassily Kandinsky ou même Jeff Koons, les expositions monographiques semblent bien fonctionner et le Centre Pompidou, comme la plupart des autres établissements, ne s’en prive pas.

La Réunion des musées nationaux-Grand Palais (RMN-GP) fait également figure de spécialiste en la matière : en 2011 la rétrospective « Monet » et sa politique d’ouverture au public 24h/24 durant les derniers jours a enregistré 913 064 visiteurs. L’exposition a été l’une des plus rentables que la RMN-GP et le musée d’Orsay aient organisé (avec un bénéfice de près de six millions d’euros, partagé entre les deux institutions). Vermeer aussi attire du monde et ce, parfois, au détriment du musée qui lui sert d’écrin. La récente exposition « Vermeer et les maîtres de la peinture de genre » a pâti de son succès : le musée du Louvre s’est vu contraint de mettre en place un système de réservation de billets sur internet, afin de limiter l’affluence des visiteurs venus voir les œuvres du maitre de Delft, autour desquelles l’établissement avait beaucoup communiqué.

Ce type d’expositions très fréquentées sont souvent dites expositions blockbusters, clin d’œil aux superproductions cinématographiques à gros budget. La première exposition de ce type a été inaugurée en février 1967 au Petit Palais, à Paris. Supervisée par l’égyptologue Christiane Desroches Noblecourt, l’exposition présentait une quarantaine de pièces issues de la tombe du pharaon Toutankhamon. En l’espace de six mois, 1,24 millions de personnes se sont pressées au sein de l’établissement parisien pour admirer ces trésors que la France avait pu accueillir après près de trois ans de négociations diplomatiques avec l’Égypte.

Appeared in The Art Newspaper Digital, 2017