Avant-première
Marché de l'art

Les artistes nommés pour le prix Marcel Duchamp 2020 : Enrique Ramírez

Pour la troisième année, The Art Newspaper est partenaire du prix Marcel Duchamp, dont nous présentons les quatre projets exposés au Centre Pompidou, à Paris. Le nom du 20e lauréat sera annoncé le 19 octobre.

Enrique Ramirez – Portrait. © Courtesy de l’artiste et Michel Rein, Paris/Brussels Photo : Florian Kleinefenn.

Né en 1979 à Santiago, au Chili, Enrique Ramírez a étudié la musique populaire et le cinéma dans son pays natal avant d’intégrer en 2007 le Fresnoy-Studio national des arts contemporains (Tourcoing). Il vit et travaille à Paris et Santiago. À travers l’installation, la vidéo et la photographie, son travail traite de sujets universels liés à son parcours personnel : voyages, immigration, aléas de l’histoire, construction de la mémoire… Ses vastes paysages naturels sont autant d’espaces géo-poétiques destinés à susciter l’imagination, la déambulation mentale.

Incertains, 2020 Vues de l’exposition Prix Marcel Duchamp 2020, Centre Pompidou, Paris, 2020-2021. Courtesy the artist and Michel Rein, Paris/Brussels , D.R.

Le projet présenté au Centre Pompidou invite à imaginer le regard comme doté du pouvoir de franchir les obstacles et pénétrer les profondeurs de l’histoire. « Marcel Duchamp disait que le regard pénètre la matière sans la briser, rappelle l’artiste. L’incertitude repousse les limites du monde, parce que nous acceptons de réapprendre à vivre le paysage qui nous entoure, d’entendre à nouveau la vie qui palpite en s’accrochant à ce qu’elle trouve. Comme un homme en mer agrippé à son bateau, nous nous accrochons aujourd’hui à ce monde troublé, à l’incertitude de la vie, mais aussi à son pouvoir de construire la nouvelle histoire qui se crée entre nous. Je considère l’incertitude comme un moyen de vaincre la peur, de parcourir le désert imaginaire qui nous accompagne lors des nuits les plus noires et les plus paisibles, mais sûrement aussi, paradoxalement, les plus illuminées par un faisceau de questions. Nous pouvons prendre un bateau, ou tout simplement marcher, voler ! Allez-y ! Mais pour aller loin, il faut franchir de nombreux murs… à moins de fermer les yeux pour traverser la matière sans la briser. Fermer les yeux est un acte de confiance envers le monde… »

Notamment exposé au Pavillon international de la 57e Biennale de Venise en 2017, à la 13e Biennale de La Havane, au Palais de Tokyo et au Jeu de Paume à Paris, et conservé dans de nombreuses collections particulières et muséales, le travail d’Enrique Ramírez est représenté par les galeries Michel Rein (Paris, Bruxelles) et Die Ecke (Santiago du Chili).