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Marché de l'art

Une stèle réclamée par le Guatemala retirée d’une vente

Ce n’était pas le lot estimé le plus cher de la vente, mais c’est celui qui a fait le plus de bruit...

Bas-relief en pierre sculptée en ronde-bosse, Maya, époque classique, 600-900 avant J.-C., estimé 25 000-35 000 euros. Courtesy Millon

Ce n’était pas le lot estimé le plus cher de la vente, mais c’est celui qui a fait le plus de bruit. Hier, mercredi 11 septembre, la maison Millon a annoncé le retrait du lot 55 de sa vente d’art précolombien prévue à Drouot sept jours plus tard. Le Guatemala, pays d’où la pièce est originaire, réclamait par le biais de son ambassadeur cet élément de stèle maya représentant un rapace. « La vendeuse, l’État du Guatemala et Millon sont entrés dans un processus amiable et le lot est retiré de la vente, nous a confié Alexandre Millon, président de la maison de ventes. L’étape suivante sera positive car préservant la légitimité de chacun. Ce choix permet à tous de sortir par le haut de cette affaire. Cette stèle est visiblement un trésor pour le Guatemala. Les aspects juridiques ne sont pas si limpides [pour savoir si le Guatemala peut obtenir l’œuvre, acquise dans les années 1960, ndlr]. Mais cette démarche volontariste à l’amiable crée un précédent qui peut faire jurisprudence et inciter d’autres possesseurs de bonne foi en Europe à suivre cet exemple. La diplomatie en serait considérablement aidée. Les ventes aux enchères jouent un rôle pour faire sortir des pièces qui, sinon, risqueraient de circuler sur le marché noir ». Selon un spécialiste, le Guatemala pourrait indemniser la vendeuse, certes très en dessous de l’estimation initiale.