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Marché de l'art

Questions autour d’une vente sur Man Ray chez Christie’s

Prévue aujourd’hui, 2 mars, la vente de 200 lots de photographies et d’objets de Man Ray, estimés plus de 3 millions d’euros, chez Christie’s, à Paris, fait des vagues.

Man Ray, Autoportrait, vers 1930. Christie’s, estimé 15 000-20 000 euros. Courtesy Man Ray 2015 Trust, Adagp, Paris, 2021

Prévue aujourd’hui, 2 mars, la vente d’un ensemble de photographies et d’objets de Man Ray chez Christie’s, à Paris, fait des vagues. Ces quelque 200 lots sont estimés plus de 3 millions d’euros. Mais, certains soulèvent la question de leur provenance : la collection du dernier assistant de l’artiste surréaliste, Lucien Treillard. Dans un communiqué reçu hier, veille de la vente, le Man Ray Trust, basé aux États-Unis et détenteur du droit moral et du copyright, invite Christie’s à reporter la dispersion. L’organisme créé par la veuve de Man Ray, Juliet, affirme qu’« Edmonde Treillard [veuve de Lucien, ndlr] ne détient pas des droits clairs sur la plupart des pièces de la vente ». Le Man Ray Trust remet en cause la propriété de 148 pièces sur les 188 de la vacation, assurant qu’ayant accès à l’atelier de Man Ray à Paris après sa mort, et empêchant Juliet Ray de s’y rendre, Lucien Treillard aurait « pris un nombre significatif d’œuvres […] sans autorisation ». « Contrairement à ce qui se dit, il n’a été l’assistant de Man Ray que pendant cinq ans », nous affirme Marion Meyer, présidente de l’Association internationale Man Ray. Christie’s, de son côté, a répondu au Man Ray Trust « avoir mené toutes les recherches nécessaires sur cette collection et avoir recueilli l’avis de chercheurs reconnus internationalement tel que le Comité Man Ray qui a authentifié les œuvres, ainsi que d’Emmanuelle de L’Ecotais, spécialiste de Man Ray et consultante pour la vente […]. Nous ne proposerions pas les lots à la vente si nous avions des doutes […] ou si la propriété ne pouvait être transmise librement aux [futurs] acquéreurs ».