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Le monde de l'art face à la crise du Covid-19

Les galeries révoltées par l’ouverture des maisons de ventes pendant le confinement

Les maisons de ventes situées dans les zones où des mesures restrictives de confinement sont prises peuvent rester ouvertes. Les galeries s'insurgent.

Une partie de la « story » dénonçant la situation sur le compte Instagram d’Emmanuel Perrotin, hier. Courtesy Emmanuel Perrotin

Samedi, Henri Paul, le président du Conseil des ventes volontaires (CVV), l’autorité de régulation de la profession, a envoyé un message aux maisons d’enchères pour leur annoncer que « le gouvernement maintient l’ouverture des salles de ventes volontaires dans les zones où des mesures restrictives [de confinement] sont prises ». Positives pour les intéressées, qui peuvent poursuivre leurs activités dans le « strict respect des gestes barrières et les précautions habituelles », ces nouvelles ont suscité la colère chez les galeries, qui y voient à juste titre une distorsion de concurrence et « une discrimination déloyale », confie Marion Papillon, présidente du Comité professionnel des galeries d’art. Ce week-end, le galeriste Emmanuel Perrotin a publié sur Instagram une « story » pour dénoncer la situation : d’un côté, des maisons de ventes dépendant du ministère de la Justice – corporation dont le lobbying a visiblement obtenu gain de cause auprès du gouvernement – et de l’autre, des galeries dépendant du ministère de la Culture (mais aussi de Bercy et du ministère des PME) qui en tant que « commerce non essentiel » doivent fermer leurs portes. « Le ministère de la Justice est en mesure d’imposer ce que celui de la Culture est incapable de faire de son côté, d’où cette aberration », résume un marchand.