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Musée du Louvre

Laurence des Cars nommée à la tête du musée du Louvre

Jean-Luc Martinez briguait un troisième mandat à la direction du musée parisien mais c'est l'actuelle présidente du musée d'Orsay qui a été choisie par l'Elysée pour lui succéder. Laurence des Cars souhaite réaffirmer la vocation universelle du Louvre et l’ouvrir davantage à la jeunesse.

Laurence des Cars. Sophie Boegly

Fin du suspense : la place revient finalement à Laurence des Cars. La présidente des musées d’Orsay et de l’Orangerie a été nommée aujourd'hui présidente-directrice du Louvre, qu’elle sera la première femme à diriger. Elle succèdera à Jean-Luc Martinez, en poste depuis huit ans. « Je remercie la ministre de la Culture et le président de la République de l'honneur qu'ils me font, de la confiance qu'ils m'accordent », annonçait-elle ce matin sur France Inter, en saluant le travail accompli par son prédécesseur. Chargé de diriger l'institution par intérim depuis la fin de son mandat mi-avril, ce dernier travaillera à une période de transition avec la nouvelle présidente-directrice jusqu’à sa prise de fonction, le 1er septembre prochain.

Laurence des Cars, 54 ans, est spécialiste de l'art du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Formée à l'université Paris IV-Sorbonne, à l'École du Louvre et à l'École nationale du patrimoine, elle a débuté sa carrière de conservatrice en 1994 au musée d'Orsay, où elle est restée jusqu'en 2007. En juillet de cette même année, elle est nommée directrice scientifique de l'agence France-Muséums, l’opérateur français chargé du développement du Louvre Abu Dhabi. Elle devient ensuite directrice du musée de l'Orangerie en 2014 avant de prendre la présidence des musées d'Orsay et de l'Orangerie en mars 2017. En quatre ans à ce poste, Laurence des Cars a réussi à lancer le chantier « Orsay Grand ouvert », visant à rénover des espaces pour ouvrir un nouveau centre de recherches, et à programmer une série d’expositions remarquées, dont « Le modèle noir » en 2019. La même année, le musée d’Orsay avait réalisé un record de fréquentation en dépassant les 3,6 millions de visiteurs.

Pour la première fois de son histoire, le musée du Louvre sera dirigé par une femme. Musée du Louvre / Olivier Ouadah

La conservatrice suit le chemin de son prédécesseur Henri Loyrette, venu comme elle du musée d’Orsay avant d’être nommé à la tête du Louvre. Passée d’une grande institution à une autre, elle fera face à des problématiques qu’elle connaît déjà : autonomie administrative, niveau élevé des ressources propres et du mécénat, fréquentation forte, attractivité touristique source d’éventuels problèmes d’accueil, organisation de grandes expositions attirant les foules. Au micro de France Inter, Laurence des Cars a déjà annoncé vouloir créer un neuvième département, qui sera consacré à Byzance et aux chrétiens d'Orient. Baptisé « Louvre 2030 », son projet met en avant l’ouverture à la jeunesse et la vocation universelle du musée, dont elle veut faire « une chambre d’écho de la société », a-t-elle souligné : « Le Louvre peut être pleinement contemporain, il peut s’ouvrir au monde d’aujourd’hui tout en nous parlant du passé, en donnant une pertinence au présent par l’éclat du passé ».

Jean-Luc Martinez deviendra quant à lui ambassadeur en charge de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine à partir du 1er septembre 2021, a annoncé le ministère de la Culture. Nommé président-directeur du Louvre pour succéder à Henri Loyrette en 2013, l’archéologue spécialiste de la Grèce antique avait été reconduit à ce poste en 2018 pour trois ans. Son mandat aura été marqué par la volonté de moderniser le Louvre pour le rendre accessible au plus grand nombre, une politique qui a permis au musée de franchir la barre des 10 millions de visiteurs en 2018. Jean-Luc Martinez aura aussi mené à terme le délicat projet du Louvre Abu Dhabi et inauguré les réserves du Louvre à Liévin, un projet qui a suscité des interrogations quant au choix d’un emplacement situé à 200 kilomètres au nord de Paris.

Mais c’est sa stratégie pour compléter les ressources du musée qui a sans doute été la plus discutée, notamment l’intensification des partenariats avec des marques commerciales comme Alibaba, DS Automobiles, AirBnB, Lego, Swatch… Jean-Luc Martinez quittera donc le Louvre sur un bilan controversé, miné encore récemment par les doutes concernant le respect du droit moral de Cy Twombly. Avant son départ, le conservateur achèvera la préparation de l’exposition « Paris-Athènes, naissance de la Grèce moderne, 1675-1919 », dont il est commissaire général et qui doit ouvrir en septembre.

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