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La revanche de l'art ancien

L'édito du lundi 28 octobre 2019

Si ce n’est le cas particulier de l’art égyptien – les expositions « Toutânkhamon » de 1967 et 2019 et « Ramsès II » en 1976, ont chaque fois dépassé le million de visiteurs –, les grands succès de fréquentation en France ont principalement été enregistrés dans le domaine de l’art impressionniste, moderne et contemporain. Ainsi en a-t-il été de la collection Barnes au musée d’Orsay en 1993 (1,1 million de visiteurs) et de la collection Chtchoukine à la Fondation Louis Vuitton en 2016-2017 (1,2 million de visiteurs), sans parler de Dalí au Centre Pompidou (840 000 visiteurs en 1979, 790 000 en 2012-2013), d’Edward Hopper au Grand Palais en 2012-2013 (784 000 visiteurs) ou de Jeff Koons au Centre Pompidou (650 000 visiteurs en 2015-2016).

Autoportrait de Léonard de Vinci réalisé entre 1512 et 1515, 33 × 21,6 cm, bibliothèque royale de Turin. D.R.

Ces succès pourraient bientôt être rejoints pour la première fois par une exposition d’art ancien, celle de « Léonard de Vinci ». Deux jours après son ouverture au public le 24 octobre, la manifestation du musée du Louvre enregistrait déjà 330 000 billets vendus, du jamais vu. L’exposition il faut bien le dire est hors normes, une occasion unique de voir plus de cent soixante œuvres de l’un des plus importants artistes de l’histoire de l’art occidental. La manifestation à Paris s’inscrit dans un contexte particulièrement riche pour l’art ancien, avec, au Grand Palais, notamment la première grande rétrospective « Greco » en France. Cette réalité n’est pas que parisienne. À Vienne par exemple, l’Albertina propose actuellement une exceptionnelle exposition « Dürer » riche de 200 œuvres tandis que le Kunsthistorisches Museum offre une confrontation fascinante entre « Caravaggio & Bernini ».

Le marché n’est pas en reste, avec, toujours à Vienne, la semaine dernière, la vente d’une Vierge à l’Enfant d’un artiste proche de Raphaël pour 1,6 million d’euros chez Dorotheum. Hier, c’est une composition récemment redécouverte dans l’Oise et attribuée à Cimabue qui a été vendue à Senlis pour 24,1 millions avec les frais, l’un des plus gros résultats en peinture ancienne depuis vingt ans. L’art ancien n’a pas encore fini de nous réserver des surprises.