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La France alloue 500 000 euros pour la restauration du musée Sursock à Beyrouth

L’aide versée par la France permettra la restauration des vitraux des fenêtres du salon arabe de cette villa historique, fortement endommagée par l’explosion survenue dans la capitale libanaise en août 2020.

La France a décidé de contribuer à hauteur de 500 000 euros à la restauration des vitraux et du premier étage historique du musée Sursock à Beyrouth, gravement touché par la double explosion qui a dévasté la capitale libanaise en août 2020.

Situé à 800 mètres de l’épicentre du sinistre dans le port de Beyrouth, le musée Sursock a subi de graves dommages. Tous les vitraux de la façade de cette villa datant de 1912 ont été détruits et le toit a été endommagé, laissant le musée exposé aux intempéries. Le bâtiment de style vénitien et ottoman – l’ancienne demeure du collectionneur libanais Nicolas Sursock devenue un haut lieu de la culture dans les années 1960 – n’avait rouvert ses portes qu’en 2015 après cinq ans de travaux de rénovation.

Anne Grillo, ambassadrice de France au Liban (à gauche), annonçant l’octroi par le ministère de la culture de 500 000 euros pour la resgtauration du musée Sursock. Photo : Rowina Bou-Harb

Lors d’une conférence de presse, Anne Grillo, ambassadrice de France au Liban, a annoncé un accord entre le musée et le ministère français de la Culture destiné à financer la restauration des fenêtres et de l’intérieur du premier étage, y compris les boiseries du salon arabe où Nicolas Sursock accueillait autrefois ses invités. « Soutenir le patrimoine et la culture n’est pas un luxe. C’est rendre hommage au passé du Liban, mais aussi se tourner vers l’avenir ; c’est donner des raisons de vivre et d’espérer », a-t-elle déclaré.

Le processus de rénovation du Musée Sursock s’appuie sur une « alliance de solidarité » impliquant un réseau d’institutions et d’entreprises françaises. Le Centre Pompidou, à Paris, prend ainsi en charge la restauration d’un portrait de Nicolas Sursock par Kees van Dongen qui a été déchiré – l’une des 57 œuvres issues de la collection du musée et endommagées par l’explosion –, tandis que la multinationale française Saint-Gobain fait don du verre nécessaire aux fenêtres et d’autres matériaux de construction.

Au musée Sursock, gravement touché par l’explosion d’août 2020 à Beyrouth, 57 œuvres de la collection ont été endommagées et nécessitent une restauration. Photo : Marie Nour Hechaime, conservatrice au musée Sursock

Le musée a reçu la semaine dernière une livraison de verre soufflé bouche de la Verrerie Saint-Just, un atelier de Saint-Gobain qui est la dernière entreprise en France à employer la méthode traditionnelle de fabrication. Le verre donné sera utilisé par l’artiste vitrailliste libanaise Maya Husseini pour recréer les vitraux rouges, bleus et jaunes du musée Sursock, qu’elle avait minutieusement restaurés en 2015.

L’aide du ministère de la Culture fait partie d’un ensemble de mesures d’urgence prises par les autorités françaises en faveur de son ancien protectorat, qui est enlisé dans une crise économique et une impasse politique. Lundi, Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, a appelé les responsables politiques libanais à former un gouvernement et à sortir de l’impasse dans laquelle ils se trouvent depuis sept mois, à la suite de la démission du Premier ministre Hassan Diab au lendemain de l’explosion de Beyrouth.

LE MUSÉE SURSOCK A COLLECTÉ ENVIRON 1,5 MILLION DE DOLLARS POUR SA RESTAURATION

Jusqu’à présent, le musée Sursock a collecté environ 1,5 million de dollars (1,28 million d’euros) pour sa restauration, dont une subvention de 500 000 dollars de la Fondation ALIPH (Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit), basée à Genève, pour stabiliser et protéger le bâtiment contre les intempéries. Cependant, le programme de reconstruction complet est estimé à 3 millions de dollars (2,56 millions d’euros). La directrice du musée Sursock, Zeina Arida, a déclaré au quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour que le musée avait établi un budget provisoire et qu’il était en train d’attribuer les contrats pour sa reconstruction.

Détruits en août 2020, les vitraux colorés du musée vont être recréés par l’artiste libanaise Maya Husseini grâce à du verre donné par la compagnie française Saint-Gobain. Photo : Rowina Bou-Harb

Anne Grillo a également lancé un programme de résidence pour 2021-2022 appelé Nafas (qui signifie « souffle » en arabe), financé conjointement par les ministères français de la Culture et des Affaires étrangères, qui permettra à 100 artistes et professionnels de la culture résidant au Liban de séjourner et travailler en France pendant trois mois. Le programme, dont les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 avril, comprend le voyage aller-retour, une allocation de 1 000 euros par mois et les frais de visa et d’assurance. L’objectif, selon Anne Grillo, est de « donner un nouveau souffle à ce pays, à ses talents, à sa jeunesse ».