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Guillaume Désanges nommé président du Palais de Tokyo

Commissaire d’exposition et critique d’art, il entend y accorder une place importante à l’expérimentation artistique.

Guillaume Désanges a été nommé président du Palais de Tokyo, sur proposition de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, par le président de la République, a-t-on appris hier. Il remplace à la tête du centre d’art parisien Emma Lavigne, partie en octobre 2021, après deux ans à ce poste, prendre la direction générale de la Pinault Collection.

Guillaume Désanges. © Isabelle Arthuis

Sa nomination est une relative surprise. Ce commissaire d’exposition et critique d’art chevronné a commencé sa carrière au sein des Laboratoires d’Aubervilliers et du Centre d’art La Tôlerie à Clermont-Ferrand. Il a ensuite fondé la structure indépendante de production Work Method, avant d’être commissaire invité au centre d’art Le Plateau-FRAC Île-de-France – où il a développé, de 2009 à 2011, un programme d’expositions intitulé « Erudition concrète ». Il a organisé ou coorganisé de nombreuses expositions pour des institutions françaises et internationales, telles que le Centre Pompidou-Metz, la Generali Foundation à Vienne, le Pérez Art Museum à Miami, le SMAK à Gand, Performa à New York, ou encore le centre d’art Santa Monica à Barcelone.

C’est ainsi qu’avec Hélène Guenin, il est le co-commissaire d’«Erre» autour du labyrinthe au Centre Pompidou-Metz, en 2011, mais aussi, six ans plus tard, de « L’Esprit français », avec François Piron, et consacrée au monde underground français des années 1970 et 1980 à la Maison rouge, à Paris. Il signe également le programme artistique de la Verrière - Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles depuis 2013 et a été nommé, avec Coline Davenne, directeur artistique du Salon de Montrouge à partir de 2022. L’un des traits singuliers de son parcours est son rapport à la performance. Co-commissaire de la 8e Biennale de Louvain-La-Neuve, en Belgique, il y a développé une pratique originale de conférences-performances telles qu’« Une histoire de la performance en 20 minutes » ou « Vox Artisti », ainsi que des ateliers et des résidences (La Méthode Room à Chicago, depuis 2014). Il connaît bien le Palais de Tokyo. En 2004, il y avait initié, avec l’artiste Thomas Hirschhorn, le projet « 24 h Foucault » autour du philosophe. À la fin des années 2010, c’est avec l’artiste Neïl Beloufa qu’il organisera d’autres conversations multiples, une autre façon de toucher le public.

Vue de l’exposition « L’Ennemi de mon ennemi », projet de Neïl Beloufa au Palais de Tokyo en 2018, dont Guillaume Désanges était le commissaire, avec Marilou Thiébault et Noam Segal. Courtesy Guillaume Désanges et Palais de Tokyo

L’UN DE SES TRAITS SINGULIERS EST SON RAPPORT À LA PERFORMANCE

« Mon objectif est de faire du Palais de Tokyo un lieu réactif, indéterminé, un peu sauvage, sensible aux questions sociétales et à l’actualité. Un lieu à l’identité un peu trouble et fluide, qui accueille des espèces variées, une élasticité des formes, sans pour autant tourner à l’auberge espagnole », a-t-il confié au Monde. Le nouveau président souhaite développer des partenariats avec un réseau d’institutions parisiennes, régionales mais aussi internationales, ainsi qu’avec des écoles d’art, des lieux de résidence ou encore avec le Centre national des arts plastiques (Cnap). Son objectif: dans le droit fil de la pratique de la « permaculture », il propose un « partage raisonné » de l’espace et du temps, alternant espaces d’expositions et « espaces en friche » pouvant accueillir des expérimentations artistiques alternatives et d’autres possibilités de rencontre avec le public.

SON OBJECTIF: ALTERNER ESPACES D’EXPOSITIONS ET« ESPACES ENFRICHE »

Dans son programme, Guillaume Désanges veut faire alterner des monographies, des expositions thématiques transdisciplinaires, des saisons étrangères mettant à l’honneur la scène artistique d’une ville ou d’un pays, mais aussi des portraits de grandes figures contemporaines internationales et des mini-expositions « activées de manière souple selon l’actualité ». Il ambitionne aussi d’ouvrir la programmation à la bande dessinée, au graphisme, aux jeux vidéo, à la science-fiction… Last but not least, il imagine aussi un grand événement biennal hors les murs. Vaste programme.

Appeared in The Art Newspaper France - Daily, 843