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Grand Palais : le projet revu à la baisse

C’est le premier grand projet à faire les frais en France de la crise sanitaire du Covid-19 : la vaste reconfiguration du Grand Palais, à Paris, ne se fera pas. Révélée par Le Figaro, cette décision a été prise par la nouvelle ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, qui s’est rendue sur place en juillet et a estimé que, vu la conjoncture, les travaux, s’ils étaient maintenus en l’état, ne seraient sans doute pas achevés pour les Jeux olympiques de 2024 à Paris, dont le bâtiment doit accueillir les épreuves d’escrime et de taekwondo.

Grand Palais nef intérieur. © Mirco Magliocca pour la Rmn-Grand Palais.

Très ambitieux, le projet était déjà en train de déraper financièrement, passant à 600 millions d’euros selon certaines sources contre les 466 millions d’euros prévus à l’origine, déjà une somme astronomique financée par l’État, un emprunt de 150 millions et le mécénat exclusif de la Maison Chanel pour 25 millions d’euros. Présenté en février 2018, le projet du cabinet d’architecture LAN, vainqueur du concours, prévoyait de connecter la nef du Grand Palais au Palais de la découverte, la création d’une rue traversante sur toute la longueur de ce vaisseau de verre et d’acier, l’aménagement d’une galerie des enfants… C’est Chris Dercon, le président de la RMN-Grand Palais, qui eu la tâche d’annoncer à LAN que son contrat était résilié. Le bâtiment ne va cependant pas rester en l’état. D’ici 2024, un chantier de restauration va être mené sous la houlette de l’architecte en chef des Monuments historiques François Chatillon. Ces travaux devraient permettre au Grand Palais de retrouver sa splendeur, mais aussi de reconfigurer le bâtiment. Côté budget, l’enveloppe devrait rester identique à celle prévue initialement, soit 466 millions d’euros. Cet effort financier est à la mesure de l’aura mondiale dont bénéficie l’édifice construit sur les Champs-Élysées pour l’Exposition universelle de 1900, qui contribue à donner une saveur particulière aux événements qu’il accueille, au premier rang desquels figure la FIAC, elle aussi victime cette année, tout comme Paris Photo, du coronavirus.