Opinion
Perspectives

Le WEFRAC tient le cap

Rarement les amateurs, les enfants et le public en général n’ont été autant sevrés d’art. Les jours se succèdent les uns après les autres depuis la fermeture des musées et autres lieux culturels le 29 octobre et seule apparaît au lointain l’hypothétique date du 15 mai évoquée par le président de la République. Pendant plusieurs mois, les galeries ont pu rester ouvertes et être parmi les seuls espaces permettant un contact direct avec les peintures, sculptures et installations. On a même vu des files d’attente inédites se former sur le trottoir devant certaines enseignes. Mais depuis le discours du Premier ministre du 18 mars annonçant la mise en place d’un nouveau confinement, elles ont dû refermer leurs portes, contrairement aux salles des ventes. Le Conseil d’État devrait d’ailleurs rendre aujourd’hui sa décision suite au référé-liberté déposé par le Comité professionnel des galeries d’art pointant une distorsion de concurrence entre ces différents acteurs du marché de l’art.

L'un des affiches de Wefrac 2021 D.R.

Dans ce contexte difficile, les FRAC ont décidé de maintenir contre vents et marées leur week-end, qui se déroulera à la fin de la semaine, les 17 et 18 avril. Partout en France, le Wefrac proposera une rencontre avec l’art. Leurs espaces étant toujours fermés, c’est en extérieur que le public sera en premier lieu invité, suivant le thème de cet événement: « les FRAC à l’air libre ». Ainsi, le FRAC Occitanie Montpellier exposera un ensemble d’œuvres de Fabien Boitard sous le titre « Les mécènes et le Paon », composé d’Un puissant, pièce acquise par le FRAC en 2020, et de trois autres peintures réalisées spécialement par l’artiste pour la façade de l’institution. Autre exemple, Alain Séchas présente dès à présent Photomatou, une œuvre constituée de quatorze affiches de têtes de chat exposées dans les mobiliers urbains à travers la ville de Caen. Chacun des vingt-trois FRAC proposera aussi des visites en vidéo, des podcasts et autres rendez-vous sur Internet. Pour qu’en présentiel ou à distance, ce week-end festif soit celui d’une communion – trop rare – avec la création.