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Comment la vente d’armes a contribué au financement du Louvre Abou Dhabi

Les versements des États-Unis et de la Grande-Bretagne à des fonds d’exportation d’armes ont participé au financement du projet franco-émirien. Un ouvrage d'Alexandre Kazerouni revient sur les faits.

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Si le coût total du nouveau Louvre Abou Dhabi, conçu par Jean Nouvel, reste à ce jour inconnu, l’on sait en revanche qu’une partie de son financement procède des deux des plus grands exportateurs d’armes aux Émirats, à savoir la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Tout a commencé en 1992, lorsque le cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyane, père fondateur des Émirats arabes unis, a créé l’Offset Program Bureau (OPB) dans le but d’administrer les paiements que les gouvernements étrangers doivent verser aux Émirats lorsque ces derniers lui vendent des armes. (Il s’agit d’une pratique commune dans l’industrie internationale de la défense.)

Le cheikh Zayed a ensuite transmis l’administration de l’OPB à son fils, le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, prince héritier d’Abou Dhabi et chef des forces armées. Ceci lui a permis de créer le fonds d’investissement Mubadala en 2002, qui a beaucoup participé à la construction de l’infrastructure culturelle d’Abou Dhabi, dont la valeur nette des actifs est de 125 milliards de dollars. En plus de payer pour le Louvre Abou Dhabi, le fonds a également financé l’université Sorbonne Abou Dhabi et la New York University Abou Dhabi.

Toute l’information financière est à retrouver dans le nouvel ouvrage d’Alexandre Kazerouni, Le Miroir des cheikhs : musée et politique dans les principautés du golfe Persique.

Appeared in The Art Newspaper Digital, 2017