Opinion
Perspectives

La Brafa tire les marrons du feu

L'édito du mensuel The Art Newspaper de janvier 2020.

« Aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années », écrivait Pierre Corneille dans Le Cid. Même si elle est, elle aussi, « bien née », la Brussels Art Fair (Brafa) s’est construite peu à peu et continue de progresser d’année en année. Fondée en 1956, la manifestation plus que sexagénaire n’en finit pas d’élargir son spectre, pour embrasser aujourd’hui vingt-sept spécialités, de l’archéologie classique à la création la plus contemporaine, en passant par les objets d’art, le mobilier, les bijoux, les livres et les estampes, les maîtres anciens, les tapisseries et même la bande dessinée.

Page du cahier bilingue spécial Brafa du mensuel The Art Newspaper de janvier 2020. D.R.

Un contingent important – et très qualitatif – d’exposants dans le domaine de l’art moderne et contemporain, l’un des secteurs du marché les plus dynamiques aujourd’hui, complète une offre destinée aux collectionneurs éclairés, dont la curiosité dépasse les cloisonnements étanches pour s’étendre à différentes spécialités. La Brafa joue indéniablement une carte maîtresse parmi les foires d’Europe continentale, entre la Tefaf (The European Fine Art Fair), qui s’est engagée dans un développement international avec, outre son vaisseau amiral de Maastricht, l’organisation de deux autres foires annuelles à New York, et la Biennale Paris, qui peine à se réinventer, après avoir perdu nombre de ses prestigieux exposants.

Le Salon parisien, qui se tient dorénavant tous les ans, s’est doté, le 21 novembre dernier, d’un nouveau président, en la personne de Georges De Jonckheere. Celui-ci a été élu à l’unanimité par le conseil d’administration du Syndicat national des antiquaires (SNA), désormais présidé par Anisabelle Berès-Montanari. La Biennale aura fort à faire pour retrouver son lustre, devant organiser son déménagement dans le Grand Palais Éphémère et affronter la concurrence plus affirmée de Fine Arts Paris. Ce Salon est à présent soutenu par le groupe LVMH, qui a pris une participation de 48 % dans sa société organisatrice. Aussi, peut-être n’est-il pas anodin que la Biennale Paris s’en remette désormais à un antiquaire, qui fonda sa galerie à… Bruxelles !