Opinion
Perspectives

Drouot débarque à la Biennale Paris

L'édito du 9 septembre 2019

Philippe Régnier D.R.

Dans un marché de l’art ultra-concurrentiel, la rivalité entre les maisons de ventes aux enchères d’une part et les galeristes et antiquaires d’autre part atteint son paroxysme. Cette opposition s’est accrue ces dernières années à mesure que les premières tendaient de plus en plus à venir empiéter sur le territoire traditionnel des galeries, proposant par exemple à leurs clients de vendre leurs œuvres de gré à gré. Cette tension est telle que l’on a souvent vu des directeurs de salons s’offusquer que dans des journaux partenaires de leurs événements figurent des publicités de maisons de ventes… Dans ce contexte, l’initiative de la Biennale Paris d’accueillir Drouot dans ses allées a fait l’effet d’une bombe. L’hôtel des ventes parisien présente en effet sur le stand B05 cette semaine, du 13 au 17 septembre, au Grand Palais, une sélection d’œuvres les plus importantes des ventes aux enchères du second semestre. Ce choix parmi les pièces proposées à l’encan par les soixante-deux opérateurs de Drouot est très éclectique, des livres et manuscrits à l’art précolombien, d’Afrique ou d’Océanie, du mobilier du XVIIIème siècle aux sculptures et tableaux anciens et modernes, de l’orfèvrerie à la bande dessinée. Parmi ces pièces figurent un secrétaire en cabinet de forme rectangulaire estampillé Henry Dasson (1825-1896) datant de la fin du XIXème siècle ou un exemplaire de l’ouvrage Artificiali P [e] rspectiva de Viator Secundo (Pélerin, Jean dit Viator) publié à Toul en 1509 et illustré de trente-sept gravures. Pourquoi Mathias Ary Jan, président du Syndicat national des antiquaires, a-t-il lancé cette invitation pour le moins étonnante ? « La participation de Drouot à la 31ème édition de la Biennale Paris illustre la volonté de celle-ci d’être un lieu fédérateur du marché de l’art et d’unir ces deux véritables institutions françaises, explique-t-il. Cela répond au désir de créer au mois de septembre, dans l’écrin unique du Grand Palais, l’avènement de la rentrée artistique internationale à Paris ». Une démarche qui dénote au minimum d’un changement de mentalité.