Opinion
Perspectives

Biennale du Coronavirus

Manifesta à Marseille, Biennale de Lyon, Biennale de Venise... La crise du Covid-19 perturbe l'organisation des grands événements artistiques.

La pandémie de coronavirus n’en finit pas de perturber le monde de l’art. Les plus importantes biennales sont elles aussi aujourd’hui impactées. La première édition de Manifesta se déroulant en France, qui devait être inaugurée à Marseille la première semaine de juin, est pour l’instant programmée pour ouvrir le 28 août. Pourtant, Art-O-Rama, prévue à cette même date, vient de jeter l’éponge. Trop d’incertitudes existent encore, selon les organisateurs, pour que se tienne sereinement cette année la foire phocéenne qui marque traditionnellement la rentrée. L’autre manifestation qui se déroule au même moment à Marseille, le salon international du dessin contemporain Paréidolie, n’est quant à lui pas reporté ni annulé pour l’instant. De même, la saison du dessin à Marseille et alentours devrait débuter à la même période, tout comme l’exposition « Images liées » prévue en marge de Manifesta.

L'espace Manifesta 13 à Marseille. D.R.

La plus importante biennale d’art contemporain française, celle de Lyon, a de son côté pris les devants en reportant d’ores et déjà son édition de 2021 à 2022. Certes, avec le confinement, les deux commissaires de la manifestation, Till Fellrath et Sam Bardaouil, n’ont pu visiter des lieux d’exposition, rencontrer les équipes et travailler plus avant sur le contenu, d’autant que la question d’une production locale est, comme l’an dernier, privilégiée. Mais dans un contexte économique difficile et face à l’incertitude concernant les intentions des prochains élus de Lyon et de sa métropole, il ne faudrait pas que ce report soit prétexte à une baisse des ambitions – ou pire – pour cette manifestation très importante pour la scène nationale de l’art contemporain.

De l’autre côté des Alpes, la Biennale d’art de Venise donne elle aussi rendez-vous en 2022, les Giardini et l’Arsenale accueillant l’an prochain l’exposition internationale d’architecture. Cecilia Alemani aura donc une année de plus pour préparer l’une des plus prestigieuses manifestations d’art contemporain en espérant que d’ici là nous serons passés à autre chose. « Je ne veux pas que l’on se souvienne de moi comme l’organisatrice de la "Biennale du coronavirus" », a-t-elle déclaré à ARTnews. Comme on la comprend.