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Patrimoine

Syrie : la Russie contribue à la renaissance de Palmyre

Un accord entre le gouvernement syrien et l’Association de l’industrie de la pierre de Russie constitue une nouvelle étape pour la reconstruction du site archéologique détruit par les jihadistes du groupe État islamique (EI) en 2015.

Un nouveau pas a été franchi pour la reconstruction de l’ancienne cité de Palmyre, en Syrie, détruite par les jihadistes du groupe État islamique (EI) en 2015. En novembre 2020, un mémorandum sur la reconstruction de l’arc de triomphe de la ville a été signé entre la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) de Syrie et l’Association de l’industrie de la pierre de Russie, basée à Ekaterinbourg.

Une section de la maquette en 3D de Palmyre, créée par l’Institut russe d’histoire de la culture matérielle à partir de 55 000 photographies aériennes. Itar-Tass News Agency/Alamy Stock Photo, D.R.

LES ARCHÉOLOGUES RUSSES FIGURENT PARMI LES RARES SOURCES D’INFORMATION SUR LES MONUMENTS SYRIENS

Bien que le pays présidé par Vladimir Poutine ait été largement critiqué pour son soutien au régime de Bashar el-Assad, les archéologues russes figurent parmi les rares sources d’information sur les monuments syriens. Natalia Solovyova, la directrice adjointe de l’Institut d’histoire de la culture matérielle de l’Académie des Sciences de Russie, qui était présente à Damas pour la signature, a déclaré dans un communiqué que la prochaine étape serait l’achèvement d’un système de géo-information intitulé « Palmyre dans le temps et l’espace », réunissant toutes les recherches et images de la ville dans une modélisation en 3D créée par l’institut. S’appuyant sur 55 000 photographies aériennes documentant une surface de 20 km2, la maquette imprimée en 3D à l’échelle 1:300 de Palmyre a été présentée aux responsables syriens en août 2020 dans la perspective de la restauration à venir, et à la communauté internationale via un site Internet en anglais.

« À l’aide de notre modélisation en 3D et de la recherche des vestiges subsistant sur le terrain, nous examinerons en détail le nombre d’éléments originaux des monuments de Palmyre qui subsistent, a expliqué Natalia Solovyova. Toutes ces données pourront être utilisées à l’avenir, une fois la décision prise de restaurer ces monuments du patrimoine culturel mondial. Cette initiative favorisera aussi la création de nouveaux emplois et offrira de meilleures conditions pour le retour des réfugiés forcés. »

La maquette est actuellement exposée au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg dans l’exposition « Les deux Palmyre: réel et virtuel » (jusqu’au 24 janvier), l’une des trois expositions consacrées à l’ancien site archéologique, un thème soutenu par Mikhaïl Piotrovski, le directeur du musée. L’exposition comprend également des modélisations numériques du Temple de Bêl avant sa destruction et de son projet de reconstruction sous la houlette de l’agence d’architecture Maksim Atayants Workshop. Les architectes ont également créé une modélisation de l’un des chapiteaux du temple.

CETTE INITIATIVE FAVORISERA LA CRÉATION DE NOUVEAUX EMPLOIS ET OFFRIRA DE MEILLEURES CONDITIONS POUR LE RETOUR DES RÉFUGIÉS FORCÉS

Au moment de l’ouverture de l’exposition, le Musée de l’Ermitage a organisé un colloque en ligne le 2 décembre sur les différentes approches de la restauration de Palmyre. Parmi les intervenants figuraient Mechtild Rössler, le directeur du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, Houmam Saad, qui dirige les fouilles archéologiques pour la DGAM, et Luis Monreal, directeur de la Fondation Aga Khan pour la culture. Au cours de ces débats, Mikhaïl Piotrovski a déclaré que l’Unesco avait été invité à créer un « comité de recherche sur la restauration, la reconstruction et la renaissance de Palmyre ».