Analyse
Marché de l'art

Fine Arts Paris revient fêter les Beaux-arts

Après une édition 2020 online only en raison de la crise sanitaire, le Salon dédié aux beaux-arts revient au Carrousel du Louvre ce mois-ci, avec un propos élargi.

Alors que le Syndicat national des antiquaires a annoncé le maintien d’un salon rebaptisé simplement « Biennale » pour fin novembre, au Grand Palais Éphémère, Fine Arts Paris le précédera de quelques semaines au début du mois. La manifestation consacrée aux beaux-arts avait renoncé à sa tenue en 2020 aux Invalides, pour cause de pandémie et avait été basculée sur Internet.

Vase à boissons fermentées de forme « jia », Chine, dynastie Shang, période d’Anyang, XIVe-XIie siècle avant J.-C. © Galerie Christian Deydier

Créé en 2017 par les organisateurs du Salon du dessin, Fine Arts Paris s’agrandit une nouvelle fois. Au total, cinquante-cinq marchands – contre une trentaine auparavant – dont seize nouveaux noms, tels que Christian Deydier, Tanakaya, Paul Prouté, Florence de Voldère, Royal Provenance et la Librairie Clavreuil, sont de la partie au Carrousel du Louvre. La scénographie a été confiée au décorateur et architecte d’intérieur Jacques Garcia, qui a réalisé une atmosphère théâtrale contemporaine à partir de quatorze éléments de décor minéraux et végétaux.

UN SENS AIGUISÉ DE LA COLLECTION

Comme à son habitude, Fine Arts Paris peaufine son image de foire chic et pointue. « Avec un nombre important de galeries cette année, Fine Arts Paris se positionne comme un salon international d’envergure, grandissant d’année en année, mais reste exclusif, avec des exposants français et étrangers sélectionnés sur le volet. Pour la plupart, ceux-ci n’exposent pas dans d’autres foires [cet automne] et présentent donc des œuvres inédites. Nous souhaitons que sur chaque stand, le public ressente l’esprit d’un cabinet d’amateur et de collectionneur. Un regard pluriel sur les beaux-arts dans un cadre intimiste», nous confie Louis de Bayser, à la tête de Fine Arts Paris. Celui-ci propose sur son propre stand un éventail de dessins de toutes les écoles, du XVIe au XXe siècle, dont une grande gouache sur vélin figurant une représentation florale, exécutée en 1832 par Pierre-Joseph Redouté.

Un avis que partage Hervé Aaron, président de la galerie Didier Aaron et l’un des piliers fondateurs de Fine ArtsParis. Selon lui,« Paris a besoin d’une grande foire qui rivalise avec ses pairs à l’international. Chaque année, le Salon s’affirme en tant que place forte de mise en lumière des beaux-arts sur la scène internationale. L’atmosphère de Fine Arts Paris est saine, le public découvre des œuvres récemment mises sur le marché, et il y a une réelle émulation entre vendeurs et acheteurs des diverses spécialités. » Le marchand expose notamment quatre éléments de décor, réalisés vers 1735 pour le cabinet du duc de Picquigny par Jacques de Lajoüe, « un artiste très en vogue entre 1730 et 1740 », souligne encore Hervé Aaron.

CLASSIQUES ET NOUVEAUX HORIZONS

Comme à chaque édition, les férus d’art classique sont gâtés, avec une belle sélection de peintures anciennes. Ils peuvent ainsi découvrir Frans Francken (galerie de Jonckheere), un trip-tyque du XIVe siècle de Simone di Filippo (galerie G. Sarti), Adriaen van Stalbemt, un proche de Jan Brueghel l’Ancien (Florence de Voldère), Nicolas Bertin, qui fit partie de la génération charnière des peintres du Trianon entre Louis XIV et Louis XV (galerie F. Baulme Fine Arts), Marguerite Gérard (galerie Eric Coatalem) ou l’art d’Édouard Dantan (galerie Terrades).

Jean-Léon Gérôme, Dollar, un chasseur de baies dans un box, s.d., huile sur toile. © Galerie de Bayser

La sculpture, spécialité défendue par Fine Arts Paris, est assurément à l’honneur, grâce à l’arrivée de deux marchands importants, Laocoon-Apolloni et Robilant+Voena. Ils rejoignent la galerie Malaquais, qui présente des pièces d’Aristide Maillol réalisées pour une exposition chez Ambroise Vollard en 1902. Notons encore la présence de Xavier Eeckhout, qui montre des sculptures de Roger Godchaux, ainsi que la galerie Sismann, Lancz Gallery et Univers du Bronze.

Surtout, Fine Arts Paris poursuit sa quête de nouveaux horizons en s’ouvrant cette année à des spécialités inédites telles que les arts premiers, la joaillerie, l’art asiatique, la bibliophilie et les arts décoratifs. « Une nouvelle réjouissante et fondamentale, qui permettra d’attirer et de conquérir une autre génération d’amateurs et de collectionneurs», commente Christian Deydier, grand antiquaire en art chinois qui, pour sa grande première au Salon, expose un exceptionnel vase à boissons fermentées de forme « jia » du XIVe-XIIe siècle avant J.-C. (dynastie Shang, période d’Anyang).

« Nous souhaitons que sur chaque stand, le public ressente l’esprit d’un cabinet d’amateur. Un regard pluriel sur les beaux-arts dans un cadre intimiste. »

L’art extra occidental, très en vogue, est pour sa part représenté par la galerie Tanakaya, qui propose une sélection d’estampes japonaises signées Hokusai, Utamaro, Kuniyoshi et Kotondo, et par la galerie belge Patrick & Ondine Mestdagh, qui mêle comme dans un cabinet d’amateur des pièces provenant des quatre continents.

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Fine Arts Paris, 6-11 novembre 2021, Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli, 75001 Paris.