Analyse
Marché de l'art

Aux États-Unis, les lieux de villégiature deviennent des centres du marché de l'art

Cet été plus que jamais, galeries et maisons de ventes s’installent sur les lieux de villégiature de leurs clientèles. Lehmann Maupin et la Carpenters Workshop Gallery s’associent à Aspen, station choisie aussi par Christie’s qui met aussi un pied dans les Hamptons.

Cela a commencé l’an dernier, peut-être par nécessité. Les galeries, dont les portes sont restées fermées pendant des mois en raison de la pandémie mondiale de Covid-19 et qui sont toujours dans l’expectative concernant la reprise des foires dans un format présentiel, ont suivi la voie des colons de l’histoire américaine – elles sont parties vers l’ouest… et le sud… et l’est.

Aspen et les Hamptons attirent des enseignes de premier plan. Aspen. © Ava Hermann ; Hamptons. © Clay LeConey

En s’installant provisoirement dans des lieux de vacances huppés tels qu’Aspen (Colorado), Palm Beach (Floride) et les Hamptons pour présenter des œuvres d’art sur les lieux de villégiature de leurs clients, ces initiatives transforment ces destinations en centres temporaires du marché de l’art – une tendance qui tend à se prolonger en 2021.

« LES POP-UP PERMETTENT UNE GRANDE CRÉATIVITÉ »

Lehmann Maupin s’est engagé dans cette voie. D’abord, l’enseigne a choisi le sud et Palm Beach pour ouvrir un pop-up l’année dernière, piloté par les partenaires de la galerie, Carla Camacho, Jessica Kreps et la directrice de la programmation Paige Robinson. La galerie se déploie aussi à Aspen du 1er juillet à la mi-septembre en collaboration avec la galerie de design Carpenters Workshop, dans le prolongement du projet de l’été dernier avec R & Company.

« Les pop-up permettent une grande créativité, ce qui n’est pas toujours possible dans une foire il y a trop d’enjeux en très peu de temps», explique Sarah Calodney, directrice de Lehmann Maupin, qui ajoute qu’elle souhaitait travailler avec Ashlee Harrison, directrice de Carpenters Workshop à New York, pour proposer un lieu présentant à la fois de l’art et du design. « Lorsque quelqu’un entre dans notre galerie spécialisée dans ce domaine très particulier, il voit des artistes qui travaillent dans des médiums variés, avec des matériaux différents, mais qui parlent toujours de la même idée, des mêmes questions, qu’il s’agisse de sculpture, de design ou de beaux-arts », explique Ashlee Harrison. Leur exposition commune, «Second Nature» (du 1er au 31 juillet), réunit des designers et des artistes qui créent un dialogue entre monde naturel et technologie.

Détail de Balls Tree (155/2019), 2019, de Nacho Carbonell. Courtesy Lehmann Maupin et Carpenters Workshop Gallery. ©D.R.

Mais les galeries n’ont pas le monopole des pop-up et des antennes saisonnières. Christie’s vient d’annoncer que la maison allait elle aussi « étendre sa présence géographique pour inclure les enclaves centrées sur l’art que sont les Hamptons et Aspen », selon un communiqué de presse. « L’été est le moment idéal pour rencontrer nos clients ils résident, et leur présenter les œuvres d’art et les objets de luxe qui font la réputation de Christie’s », explique Bonnie Brennan, présidente de Christie’s Americas, dans ce même communiqué.

L’exposition inaugurale de Christie’s à Southampton, à Long Island, intitulée « Out East » (du 20 juin au 11 juillet), réunit des œuvres d’artistes qui ont vécu et travaillé dans la région : Willem de Kooning, Helen Frankenthaler, Lee Krasner et Roy Lichtenstein. À Aspen, la maison de ventes aux enchères présentera d’abord « Basquiat to Banksy : Off the Wall Aspen » (du 3 au 15 juillet), une deuxième itération de son exposition-vente londonienne. Ensuite, Christie’s rendra hommage à l’Ouest américain avec « Out West » (du 17 au 28 juillet), qui présentera les peintures de montagne d’Ed Ruscha et les cow-boys de Richard Prince. « Go West »!

Détail de Balls Tree (155/2019), 2019, de Nacho Carbonell. Courtesy Lehmann Maupin et Carpenters Workshop Gallery