Analyse
Marché de l'art

Asia Now regarde vers l'Iran

Cette Foire qui embrasse toute l’Asie revient dans le 8e arrondissement de Paris pendant la Fiac, avec une plateforme intitulée « Tehran Now ».

L’an dernier, en l’absence de la Fiac pour cause de crise sanitaire, Asia Now avait été en première ligne à Paris. Cet automne, la grande Foire d’art moderne et contemporain revient au Grand Palais Éphémère. « En 2020, Asia Now avait offert aux visiteurs un voyage immobile. Cette année, les collectionneurs peuvent à nouveau se déplacer, depuis le Royaume-Uni, peut-être les États-Unis, le Japon, des pays qui ne devraient pas être dans une logique de quarantaine. Nous nous attendons à davantage d’amateurs internationaux. Il y a une fenêtre de tir très positive », confie Alexandra Fain, la fondatrice et directrice de la manifestation. Grande nouveauté : après l’Inde en 2020, Asia Now accueille pour sa 7e édition l’Iran. « Il est intéressant de noter que l’Asian Society, à New York, intègre une grande partie du Moyen-Orient dans le “West Asia”. Il n’y a pas que l’Asie extrême », souligne Alexandra Fain. L’objectif ? « Apporter à leurs galeries et à leurs artistes une visibilité à Paris, alors que leur pays traverse un moment compliqué, et les inviter à se joindre à la conversation mondiale. Grâce aux visas, ils devraient pouvoir venir en France », ajoute-t-elle.

De l'ouest à l'est

Parmi la quarantaine de galeries françaises et internationales, neuf enseignes de Téhéran sont présentes sur la plateforme iranienne. Il s’agit de +2, Aaran, Ab-Anbar, Ag, Azad Art, Bavan, Etemad, Mohsen et Saradipour. Sur proposition d’Anahita Vessier et de Tatiana Gecmen Waldeck, ces galeries mettent en avant une vingtaine d’artistes établis en Iran. Par ailleurs, l’artiste iranien Sepand Danesh, habitant Paris et exposant au Pavillon français de l’Exposition universelle à Dubaï cet automne, a réalisé une sculpture pour Asia Now. La Behnoode Art Foundation présente en outre les artistes Zartosht Rahim (Iran), Reza Lavasani (Téhéran, Iran), Farshid Shafiey (Iran), Hossein Maher (Téhéran, Iran), Farshido Larimian (Babol, Iran) et Mahmoud Obaidi (Irak et Canada), ainsi que des vestes créées en collaboration avec ce dernier. Toujours dans le cadre de ce focus, Odile Burluraux, conservatrice au musée d’Art moderne de Paris, propose un programme vidéo d’artistes femmes iraniennes. Baptisé « Burning Wings », dédié à la poétesse Forough Farrokhzad, il rassemble des œuvres de Morehshin Allahyari, Atousa Bandeh Ghiasabadi, Negar Behbahani, Samira Eskandarfar, Parisa Ghaderi, Elika Hedayat, Anahita Hekmat, Gelare Khoshgozaran, Shiva Khosravi, Tala Madani, Tahmineh Monzavi, Rojin Shafiei et Sanaz Sohrabi.

Mimi Amini, Hidden Landscape, 2020, technique mixte (peinture, feuille d’or, collage, couture et découpes de tissu industriel et de laine). © Etemad Gallery

Si l’Iran se taille une large place cette année sur Asia Now, la Foire reste la plateforme de toutes les scènes asiatiques. En premier lieu grâce à la qualité et à la variété des galeries qui y prennent part. Des enseignes parisiennes telles que Nathalie Obadia, Perrotin, Almine Rech et Templon reviennent, malgré leur présence en parallèle à la Fiac. D’autres les rejoignent, à l’instar de la jeune galerie La La Lande et de Praz-Delavallade, installés dans le Marais. Hadrien de Montferrand, basé entre Londres et l’Asie, et Magda Danysz participent à nouveau.

Parmi les temps forts d’Asia Now figure aussi une exposition de créateurs extrême-orientaux sous la houlette de Nicolas Bourriaud autour du concept de « Shun », visant à se connecter aux flux du monde, avec Yuji Agematsu (Kanagawa, Japon), Jes Fan (Hong Kong), Gonkar Gyatso (Tibet, Chine), Wang Shang (Chine), Haegue Yang (Corée du Sud), Natsuko Uchino (Japon), Timur Si Qin (Allemagne et Mongolie, Chine), Ko Sin Tung (Hong Kong), Ji Hye Yeom (Corée du Sud), Guan Xiao (Chine) et Hu Xiaoyuan (Chine). Enfin, Kathy Alliou, responsable du département du développement scientifique et culturel des Beaux-Arts de Paris, organise « Making Worlds Exist » [« Fabriquer des mondes existants»], une exposition qui fait dialoguer Alexis Chrun, Odonchimeg Davaadorj, Kim Farkas, Marie-Ange Guilleminot, My-Lan Hoang-Thuy, Seulgi Lee, Xie Lei, Thu-Van Tran et Trevor Yeung. « La coproduction de projets à travers ces cartes blanches fait maintenant partie de l’identité d’Asia Now », conclut Alexandra Fain.

La Foire se poursuit « hors les murs », à travers une présentation de l’artiste vietnamien Thu-Van Tran dans la bibliothèque du musée national des Arts asiatiques – Guimet et une exposition de sa compatriote Huong Dodinh à l’hôtel d’Heidelbach, proposée par Hervé Mikaeloff. Tout un programme.

Asia Now, 21-24 octobre 2021, 9, avenue Hoche, 75008 Paris.