Analyse
Marché de l'art

Art Paris, un cru haut de gamme

Inaugurant le Grand Palais Éphémère, le Salon d’art moderne et contemporain Art Paris bénéficie cette année de la participation nouvelle de nombreuses galeries importantes.

Art Paris revient en septembre pour un cru de haute tenue, réunissant quelque cent quarante galeries au Champ-de-Mars, avec une vue imprenable sur la tour Eiffel. Cette édition compte vingt-sept enseignes de plus qu’en septembre 2020, et à peine dix de moins qu’avant la pandémie. Près de 40% des galeries qui ont répondu présent étaient absentes l’an dernier, dont nombre de « poids lourds », qui ne participaient pas ou plus au Salon de printemps d’art contemporain. Parmi elles figurent Almine Rech, Galleria Continua, Massimo De Carlo, Lelong & Co., kamel mennour, Perrotin ou encore Ropac. Du jamais vu ! Mieux, des enseignes telles que Nathalie Obadia, Mariane Ibrahim ou Perrotin ont choisi d’ouvrir au moment d’Art Paris leurs nouveaux espaces dans le 8e arrondissement, sans attendre la Foire internationale d’art contemporain (Fiac) en octobre, locomotive habituelle pour ce type d’événements.

Mojé Assefjah, La Fenêtre, 2021, peinture, est. entre 15 000 et 20 000euros. © Galerie Tanit

Des collectionneurs engagés

Par comparaison avec la rentrée 2020, « le contexte est différent, explique Guillaume Piens, commissaire général d’Art Paris. Il y a un an, les vaccins n’étaient pas encore là. En outre, la réussite de l’édition 2020 a incité de nombreuses galeries à nous rejoindre. Nous avons eu beaucoup de demandes jusqu’en juillet ! » Et d’ajouter : « Les planètes sont bien alignées. Nous serons les premiers à étrenner le Grand Palais Éphémère, un nouveau lieu qui suscite une certaine excitation. Ce sera une très belle édition. »

Étant donné le créneau retenu, « il y avait un maximum de chances que le Salon puisse être maintenu », note-t-il. L’édition 2021 se déroulera dans un cadre plus rassurant que la précédente, quand les tests de dépistage du Covid-19 n’étaient pas systématiques et les vaccins absents. Cette fois, dans le respect des règles du « pass sanitaire », les visiteurs devront montrer patte blanche en fournissant un test PCR négatif ou une attestation de vaccination. Les étourdis pourront même se faire tester en quinze minutes à l’entrée du Salon !

Le plateau des galeries s’est ainsi singulièrement étoffé. « Le fait qu’il s’agisse d’une foire régionale est un atout par temps de pandémie. Regardez la Tefaf Maastricht, qui a renoncer à son édition prévue le même mois, observe Guillaume Piens. Il y a un tissu de collectionneurs français engagés qui, s’ils ne dépensent pas forcément des millions d’euros, sont très actifs, poursuit-il. En outre, nous espérons la venue de collectionneurs des pays limitrophes : Belgique, Luxembourg, Suisse… » Pour cette édition, 65% des enseignes sont françaises. Outre celles mentionnées précédemment, Jeanne Bucher Jaeger, Art : Concept et Frank Elbaz font partie de ceux qui reviennent ou rejoignent les fidèles comme Lahumière ou Templon. Plus que jamais, Art Paris offre un profil œcuménique, associant galeries pointues et plus généralistes, la jeune scène et les artistes historiques, accueillant aussi bien Claude Bernard ou Magnin-A que Loevenbruck, Bernard Bouche et Vincent Sator. Selon Guillaume Piens, une quinzaine de galeries doivent participer à la fois à Art Paris et à la Fiac. Si les enseignes étrangères présentes sont surtout originaires d’Europe, quelques-unes viennent de Colombie, de Côte d’Ivoire, du Guatemala… malgré le contexte sanitaire international.

Samuel Levi Jones, Pantaphobia, 2020, portfolios défaits montés sur toile, est. entre 30 000 et 50 000 euros. Courtesy galerie Lelong & Co.

Art Paris offre un profil œcuménique, associant galeries pointues et plus généralistes, la jeune scène et les artistes historiques.

La scène française et « Promesses »

En outre, la Foire assume pleinement son soutien aux acteurs hexagonaux, notamment à travers le « Regard sur la scène française », une sélection opérée cette année par le commissaire d’exposition Hervé Mikaeloff, qui s’est concentré sur le portrait et la figuration. Il a choisi vingt artistes, dont Arnaud Adami (H Gallery), Marcella Barceló (Anne de Villepoix) ou encore Jérôme Zonder (galerie Nathalie Obadia).

L’édition 2021 a pour autre point fort ses vingt-sept solo shows, répartis au fil des allées. Des plus célèbres, comme Pablo Picasso chez Helene Bailly Gallery ou les Polaroid d’Andy Warhol à la Galerie Italienne, aux étonnants portraits d’Alex Foxton chez Derouillon et de Rose Barberat à la galerie Pact, en passant par les peintures imaginaires de Virgilio Villalba à la Galería de las Misiones. Une vingtaine de galeries défendent l’art moderne et d’après guerre. Mentionnons en particulier Simon Hantaï chez Jean Fournier, Antonio Saura ou Antoni Tàpies chez Mayoral et Jean Dewasne chez Lahumière.

Last but not least, Art Paris a reconduit le secteur « Promesses », dédié aux très jeunes enseignes et à l’art émergent. En font partie les parisiennes 31 Project, Hors-Cadre, Marguo, Pauline Pavec, SEPTIEME Gallery, ainsi que Double V et Le Cabinet d’Ulysse (Marseille), La Galería Rebelde (Guatemala, Los Angeles) ou la galerie Véronique Rieffel (Paris, Abidjan). Une édition décidément pleine de ressources.

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Art Paris, 9-12 septembre 2021, Grand Palais Éphémère, plateau Joffre, 75007 Paris.